‹ Les Réactions ganglionnaires dans l'érysipèleChapitre 14 sur 18 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Service de M. le Professeur SABRAZES.)

J... (C.), 31 ans, navigateur. Entré le 20 mars 1933.

Le 19 mars au matin, le malade éprouve à son réveil une légère douleur sous forme de tension dans la région rétromaxillaire gauche; en même temps, il constate une tuméfaction dans la même région. Dans le courant de la journée, les douleurs augmentent et s’irradient vers l'oreille; à ces douleurs viennent s'ajouter des frissons, une courbature et de la céphalée frontale. Le malade se sent fiévreux; à 7 heures du soir, il avait 40°1.

Le lendemain matin, il va consulter le médecin du bord et le médecin de la compagnie, qui l'envoie à l'hôpital avec le diagnostic d'oreillons.

Examen à l'entrée. — Température, 39°4: pouls, 112; urine, 1 litre.

À l'inspection, on constate l’existence d’un placard rouge ayant débuté au niveau de la région sous-maxillaire gauche, et qui s'esl étendu progressivement au-devant de l'oreille. Le placard est délimité par un bourrelet saillant. Il est douloureux au palper. Sur toute sa surface el sans maximum centrifuge, il existe de petits vésicules contenant un liquide blanchâtre.

On constate aussi la présence de masses ganglionnaires, dures, empâtées, infiltrées et fixées sur les plans superficiels au niveau dé la région rétromaxillaire. k

Evolution, — La plaque d’érysipèle s'est peu étendue depuis l'entrée du malade à Fhôpital. Elle s’est arrêtée juste à l'angle externe de l'œil. ,

Les ganglions ont continué à évoluer vers la suppuration.

Le malade est transéaté le 3 mai dans un service de chirurgie pour incision de l’abcès.

Pus à streptocoques.

L'ATTEINTE GANGLIONNAIRE DANS L’ERYSIPELE RECIDIVANT

Il arrive souvent qu'une atteinte d’érysipèle soit suivie de beaucoup d’autres, et qui se produisent au même endroit. ist-ce la première atteinte qui prédispose aux atteintes ultérieures, ou est-ce l’organisme qui est prédisposé à contracter l'érysipèle antérieurement à toute’ atteinte ? Il ést probable que l’une et l’autre hypothèse contiennent une part de vérité. Cependant, il paraît certain qu'une première atteinte prédispose à d’autres atteintes, par les séquelles qu’elle peut laisser dans les téguments.

Ces érysipèles récidivants reviénnent à intervalles réguliers, et on a décrit l’érysipèle cataménial, l’érysipèle vicariant cataménial; quelquelois, les poussées érysipélateuses ont des causes occasionnelles très inattendues, la colère par ‘exemple.

L’érysipèle récidivant suppose la persistance du streptocoque en un point quelconque de l’organisme.

Quand l’érysipèle siège à la face, il arrive souvent que son point de départ soit l'angle de l’œil, l'aile du nez ou le conduit auditif externe. Aussi on est en droit de penser que le streptocoque réside dans les cavités naturelles de la face. Mais très souvent on ne sait pas d’où part l’érysipèle, surtout quand il siège aux membres; et on peut se demander si le streptocoque ne persiste pas au niveau de la plaque.

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