‹ Les Réactions ganglionnaires dans l'érysipèleChapitre 9 sur 18 · POR E · texte numérisé non relu

POR E

Lesnéset Françon, quand ils étudient les abcès au cours de l’érysipèle, n’oublient pas les suppurations ganglionnaires. À la vérité, ils né sont pas très affirmatifs, et ne veulent pas trop s’avancer. Voici d’ailleurs ce qu’ils pensent de ces suppurations : « D’autres fois, disent-ils, la collection paraît se former aux dépens d’un ganglion infecté, dans le tiers des cas ganglion rétroauriculaire, préauriculaire, axillaire, sus-hyoïdien ou sus-claviculairé. Ces suppurations ganglionnaires sont en général peu étendues; les gros adéno-phlegmons sont rares. Ils siègent dans la région sous-maxillaire ou sus-claviculaire. L'origine ganglionnaire des suppurations n’est certes pas la règle, et il est habituel de voir aboutir à la résolution spontanée les adénopathies souvent volumineuses des groupes sous-maxillaire et carotidien. »

Quant à M. H. Roger, dont les statistiques portent sur 4.568 observations d’érysipèles, son opinion est la suivante : « Les adénopathies, qui sont presque constantes au cours de l’érysipèle, peuvent devenir le point de départ de nouvelles complications. Dans certains cas, les ganglions s’hypertrophient de façon à former de volumineuses masses, qui, d’abord douloureuses, finissent par constituer de véritables tumeurs n'ayant plus tendancé à rétrocéder. Nous avons vu notamment chez un homme de 45 ans se développer une adénopathie cervicale dure et indolore, grosse comme une mandarine, qui persistait encore au bout de deux mois quand le malade quitta le service.

» D'autres fois, l’adénopathie évolue vers le phlegmon; chez 12 hommes et 8 femmes nous avons observé des adénopathies suppurées. »

Enfin, Jamain, dans sa thèse, faite sous la direction du Professeur Sabrazès, où il étudie les complications suppuratives de l’érysipèle de la face, classe les suppurations ganglionnaires en deux groupes : l’adénite suppurée et l’adéno-' phlegmon.

L'adénite, selon lui, arrive tardivement à la suppuration. Au cours de l’érysipèle, on aura pu observer une tuméfaction.

des ganglions qui aura pu paraître anormalément volumineuse et douloureuse. Puis, l’érysipèle se terminant, la tuméfaction aura tendance à rétrocéder, sauf en un point, où va bientôt apparaître la fluctuation. Si on laisse évoluer cette adénité, 1l arrive fréquemment qu'elle se fistulise. L'adéno-phlegmon est différent de l’adénite; il est précoce et grave d'emblée. Tout un groupe ganglionnaire est pris, souvent le groupe sous-maxillaire ou sus-claviculaire : l’empâtement est considérable et les phénomènes généraux graves; la mort est la terminaison fréquente de cet adéno-phlegmon. Dans un cas rapporté par Decorse, elle se produit par œædème de la glotte, l'’adéno-phlegmon siégeant au cou. Une de nos observations personnelles, venant du service du Professeur Sabrazès, est celle d’un adéno-phlegmon de la fosse sus-claviculaire, D'ailleurs, seul le siège rappelle l’adénophlegmon, car dans son évolution, cet adéno-phlégmon se rapproche de l’adénite suppurée. L'adéno-phlegmon du type de celui que nous avons décrit est très rare, et malgré nos recherches nous n'avons pas trouvé de cas rappelant celui rapporté par Decorse.

La classification de Jamain nous a paru bonne, aussi la conserverons-nous sans la modifier.

Cn a souvent prétendu que le streptocoque de l'érysipèle ne pouvait produire la suppuration. Or, dans toutes les observations que nous rapportons, on trouve une seule fois le streptocoque associé au staphylocoque. | Il est à remarquer aussi que les suppurations ganglionnaires sont souvent accompagnées d’autres suppurations. Dans trois des observations que nous rapportons, l’adénite suppurée n'est pas isolée; elle est précédée ou suivie d’abcès de localisations diverses. | Fe

L'adénite suppurée est la plus rare des complications suppuratives de l’érysipèle. Jamain, sur 146 érysipèles compliqués de suppuration, l’a trouvée une seule fois. Nous avons déjà vu que M. Dufour l'avait observée 20 fois sur 1.568 érysipèles, ce qui donne une proportion de 1,5 p. 100. Quant à

nous, sur 40 observations d’érysipèle, nous avons relevé 2 adénites suppurées. Cette proportion est trop élevée et porte sur trop peu de cas pour qu'on puisse en faire état,

Nous croyons, sans toutelois en avoir la certitude, que la suppuration se fait dans des ganglions antérieurement lésés. Dans une des observations d’Achalme, on voit une adénite suppurée évoluer sur des ganglions hypertrophiés. Cette hypertrophie était apparue à la suite d’une rougeole, et on est en droit de se demander si ces ganglions n'étaient pas tuberculeux. D'autre part, Courbon, qui a étudié l’érysipèle scrofuleux ou, pour être plus précis, l’érysipèle ayant pour point de départ des trajets fistuleux d’adénite scrofuleuse, avait bien remarqué l'influence néfaste de l'érysipèle sur ces scrofules : la fistule, si elle était fermée, se rouvrait; si elle était encore ouverte, la suppuration devenait beaucoup plus abondante.

Observations.

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