LES APPLICATIONS COURANTES
Nous ne ferons pas ici l’histoire du mouvement qui a groupé, en Amérique, tous les efforts, toutes les bonnes volontés éparses, toutes les forces employées jusque-là un peu au hasard puis qui, coordonnani méthodiquement tous les moyens a abouti à une vaste organisation en faveur de l’hygiène mentale. Le D' René Cony (1) a décrit cette évolution des idées et des faits et nous nous bornerons à rappeler qu'en Amérique on porte secours aux blessés de l'intelligence comme aux blessés du corps, on protège le cerveau comme on protège les poumons ou les intestins, on empêche les défaillants de tomber dans la folie comme on prévient, par des barrières, des haies, des murs soit les chutes dans les escaliers, les rivières ou les abimes, soit les imprudences ou les erreurs sur les voies ferrées,
La protection contre les accidents mentaux, contre les facteurs de perturbation intellectuelle s'exerce par des mesures évidemment différentes de celles qui garantissent les individus contre les épidémies,
1. D' René Cony, le Rôle de la prophylaxie mentale. Thèse, Paris,'1921, Jouve.
= 14 — les intoxications industriclles où criminelles, mais elle aboutit à un résultat: de véritables foyers de contagion psychique sont détruits, des causes de désordres mentaux sont répérées, isolées, combattues.
Des secours techniques sont offerts à tous: une éducation spéciale du peuple est faite à ce sujet par tous les moyens propres à amener à des dispensaires psychiatriques ceux qui ont ur intérêt quelconque à y chercher un conseil, un renseignement ou un appui. :
Des visiteuses à domicile vont sur place étudier dans quelles conditions vit l'intéressé, quelles modifications devraient être apportées à son régime mental, quelles causes doivent être supprimées, qui échappent souvent à celui qui en pâtit.
Ces visiteuses accomplissent les mêmes enquêtes pour le placement des individus qui ne peuvent être utilisés qu’à certains postes, et pour les enfants dont le développement est à suivre. Elles tiennent la main à l'exécution des traitements qu'a fixé le psychiâtre après avoir étudié son rapport et son sujet.
À ceux qui ont besoin, comme premier élément curalif, d’un repos moral, on offre tout naturellement cetle possibilité par l'hospitalisation sans formalité dans un hôpital psychiâtrique. Cela est si logique qu'on éprouve une certaine surprise à apprendre qu’on doit attendre, en France, pour soigner un psychopathe par le repos el l'isolement, que
ce malade ait aggravé dangereusement son cas men-
tal, suffisamment même pour qu'il puisse être l’objet de mesures spéciales de police.
La Ligue d'Hygiène mentale fondée en 1920 par le D: Toulouse assisté du D: Genil-Perrin et des collaborateurs les plus qualifiés, s'efforce de réagir contre ces errements et de faire de l'hygiène mentale scientifique au même titre qu'on fait de l'hygiène physique raisonnée. Ses efforts se répartissent entre 1 directions différentes que nous passerons en revue comme les bases principales des réalisations immédiates en hygiène mentale : |
1° Maladies générales, toxiques ou infectieuses (président: D’ Klippel);
2° Intoxications volontaires (alcool, stupéfiants) (D° Legrain);
3° Enfance, hérédité, éducation (D° Roubinovitch);
4° Travail professionnel (J. N. Lahy) ;
5° Anormaux, antisociaux (D' H. Colin).
6° Dispensaires, services ouverts (D° Toulouse) ;
7° Assistance publique, législation, armée, marine (D: M. Briand) ;
8° Enseignement psychiätrique (prof. Claude) ;
9° Recherche scientifique (professeur Rabaud) ;
10° Production littéraire et artistique (E. Haraucourt) ;
11° Propagande (D' Antheaume).
s° Maladies générales, toxiques ou infectieuses. — ]i est évident que les causes pathologiques ayant leurs affinités propres, certaines touchent électivement les centres nerveux ; plusieurs
d’entre elles ont une action lente, sournoise, encore mal précisée, mais qu’il est nécessaire d'étudier, de combattre. Nous ne nous étendrons pas sur ce sujet complexe qui, pour être traité, devrait évoquer tout d'abord une somme immense de connaissances acquises par l'hygiène générale. Il nous suffit d’ouvrir la perspective de ce champ pour que toute son étendue soit entrevue immédiatement. Dans un ouvrage qui aurait à exposer toute la science de l'hygiène mentale, l'étude de ces premières causes nocives pour le cerveau devrait former le chapitre préliminaire. Syphilis, tuberculese, intoxications diverses, sulfure de carbone, etc., ont dans l’étiologie des maladies mentales un rôle de première place.
°° Intoxications volontaires, alcool, stupéfiants, etc. — De nombreuses initiatives privées se sont groupées jusqu'ici pour lutter contre l'alcool. Le D: Legrain notamment a poursuivi avec vigueur une campagne basée sur des connaissances profondes en psychologie sociale.
Ce mouvement doit être généralisé ; les mœurs donc, doivent être influencées, et les dispositions législatives devront venir aussitôt sanctionner ces modifications.
Mais les foyers alcooliques ne viennent pas souvent d'eux-mêmes consulter le psychologue, et il faut autre chose que les conseils de ce dernier pour apporter dans ces milieux des changements radicaux, C’est le rôle des visiteurs à domicile de s’en-
quérir de tous les moyens pratiques pour arriver au
résultat, d'obtenir des intéressés quelques sacrifices d’habitudes, mais surtout de leur faire obtenir, par compensation, des avantages matériels (changements de situation, améliorations matérielles diverses) qui leur rendront possibles ces renoncements, el sans se borner aux « sermenis.. de buveurs ».
Cette action victorieuse de la visiteuse, éclairée et appuyée par le psychiâtre de son dispensaire, est maintenant connue en Amérique : elle doit le devenir en France. |
À côté de l'alcool, il y a toute la gamme des stupéfiants,refuge des intelligences qui,laissées dansleur désarroi, commencent à se détraquer. {l faut que l’hygiéniste, là encore, intervienne, pour porter secours à ces défaillants. Mais il faut aussi que des dispositions légales interposent, quand cela est indispensable les barrières qui empêchent les imprudents de se laisser tenter par une curiosité dangereuse. La loi du 12 juillet 1916 n’atteint pas toujours son but et le dépasse souvent : elle n'empêche pas, à elle seule, des kilos de cocaïne de venir d’Allemagne empoisonner des consciences françaises. Bien grands sont les efforts nécessaires, dans tous les sens depuis l'initiative privée jusqu’à l'œuvre législative, et cette partie de l’œuvre d'hygiène mentale ne sera ni la moins difficile ni la moins efficace.
3° Enfance, hérédité, éducation. — Cette partie devrait commencer à l’eugénique, à la protection de l'enfant avant sa conception puis avant sa naissance. Elle soulève ainsi tous les problèmes sociaux,
P. Morin 2
TS
moraux, psychologiques des dégénérescences. La procréation doit être déconseillée définitivement aux porteurs de tares transmissibles et, temporairement aux générateurs qui sont dans de mauvaises conditions somatiques ou psychiques (convalescences, ivresse, etc., elc.). La société doit se préserver contre ces Qintrus » ces inutiles à perpétuité dont elle ne peut rien attendre de bon. Hätons-nous de dire que la « stérilisation des dégénérés » n’est pas une solution admise d’une façon générale en Amérique : quelques états isolés seuls la pratiquent, mais la grande majorité des psychiâtres américains compte sur le moyen moins barbare de la persuasion, et les résultats montrent l'efficacité de ce pro-
gramme.
Pendant la gestation, les impressions psychiques de la mère ont une influence énorme sur le système nerveux futur de l’enfant. Aussi, la femme enceinte doit-elle être soumise à un véritable « régime mental » en même temps qu'aux précautions matérielles déjà indiquées par les puériculteurs.
Enfin le développement du cerveau de l'enfant, de sa culture psychique est une des plus grosses questions de l'hygiène mentale. C’est à l’entrainement intellectuel mal suivi ou mal compris qu'on doit l’appoint nécessaire à l’éclosion d’un certain nombre de démences précoces.
Les enfants ne sont pas différenciés rigoureusement entre eux par l’âge seul : certains enfants, jeunes, sont plus précoces, plus adaptables à une
culture avancée que leurs aînés, d'autre part, chacun présente des aptitudes spéciales prédominantes qu'il faut rechercher en vue d’une orientation future.
La sélection des écoliers est ainsi nécessaire pour assujettir aux mêmes lravaux des enfants de même intelligence, que leur âge soit identique ou différent et pour développer chez l'enfant les aptitudes sur lesquelles il aura le plus à compter pendant sa vie. Les Américains appellent les dix premières années de la vie « l'âge d’or de l'hygiène mentale ». « Ce qui peut être fait, pendant ces dix premièresannées pour la santé intellectuelle d’un homme est plus important que ce qu'on peut faire dans tout le reste de sa vie. »
Suivant, en effet, l'éducation donnée, on peut influencer dans des proportions considérables le psychisme du sujet, sa résistance aux éléments nocifs de l'ambiance, ses ressources mentales.
Il y a ensuite à envisager le problème des enfants arriérés, la protection de l'enfance, etc. En Belgique, le Ministère de la Justice publie chaque mois sous ce dernier titre, un volumineux bulletin consacré à ces questions. On y envisage toutes les formes de secours, depuis l’assistance aux écoliers, par les infirmières visiteuses, trait d'union entre la famille, l’instituteur et le spécialiste jusqu’à la législation spéciale de l’enfance. Rappelons que, depuis la création des tribunaux pour enfants, il n’a pas été fait en France d'innovation importante dans cette voie.
4° Travail professionnel. — Nous envisageons
plus loin l'hygiène mentale du travail, et les cas dans lesquels le travail devient, pour l'individu pour lequel il n’est pas fait, une source de fatigue psychique malsaine, puis de troubles mentaux si le sujet persiste dans ces conditions défavorables.
En Amérique, les dispensaires psychiâtriques aidés des enquêtes et des renseignements de ses visiteuses à domicile, procurent aux malades un travail plus en rapport avec les aptitudes des intéressés, examinés au laboratoire par des moyens scientifiques.
Mais en dehors de ces sujets pour lesquels il y a lieu de choisir un travail, nous devons considérer la question beaucoup plus générale du rendement des travailleurs. Pour les services publics, par exemple, il est extrêmement dangereux de faire, avec des sujets inconnus, des expériences aveugles. Des accidents de tramways, des collisions d'autos, des catastrophes de chemin de fer, peuvent être causés soit par des conducteurs émotifs à qui, pour cette raison, on n'aurait jamais dû confier un pareil service, soit par des alcooliques ou surtout des paralytiques généraux venant à révéler leur tare par un accès subit d’excitation. M. J. Lahy, a fait à ce sujet des démonstrations intéressantes.
« Avant de rechercher les aptitudes caractéristiques d’une profession et de les classer par ordre d'importance pour savoir celles qui y donnent la supériorité, il faut connaître toutes les aptitudes requises pour bien accomplir la plupart des travaux exécutés par l'homme, et déterminer pour chaque
aptitude son ordre de grandeur chez différents individus. Chez l’aiguilleur, c’est l’attention qui doit être très grande; souvent c’est la mémoire qui joue le rôle principal; ou encore le temps de réaction, c’està-dire le temps qui s’écoule entre l'instant où un fait extérieur se produit et celui où doivent s’exécuter des gestes répondant à cette excitation.
Les enquêtes entreprises auprès des travailleurs et des employeurs fournissent des renseignements qui manquent toujours de précision. Aussi, les signes de la supériorité professionnelle se trouvent-ils bien plus exactement, si on recourt à une méthode purement objective, scientifique, qui analyse et enregistre les gestes de l’ouvrier, mesure les variations du fonctionnement de ses organes, etc... ; d’où l’importance de la méthode graphique. Cette méthode créée par Marey, a reçu des applications classiques ; travail au cabrouet et au sécateur, étudié par Humbert ; travail à la lime, étudié par Humbert et par M. Frémont.
Dans ces méthodes, on mesure et on enregistre la durée des mouvements ütiles ou inutiles, leur amplitude, l'effort dynamométrique exercé, l'énergie musculaire dépensée, les effets de ces mouvements sur le pouls, la respiration, etc... En analysant les résultats trouvés, on peut constater, par exemple, dans le maniement du sécateur, que celui qui s’en sert bien dépense beaucoup moins: d'énergie musculaire que ceux qui s’en servent mal. Et, si on essaie d’enseigner le bon maniement du sécateur à ces derniers, la
plupart n’y réussissent jamais, malgré la meilleure volonté. Il y a donc des limites individuelles à la possibilité musculaire.
Pour les professions dites de sécurité (wattman, conducteurs d'autos, mécaniciens de éhemins de fer, pilotes d’aéronefs), on constate en outre que l'élite, pour obtenir un même résultat, dépense moins d'énergie électrique ou de combustible que les mauvais ouvriers. Dans ce cas, l'exactitude des gestes est un facteur important de la supériorité professionnelle et elle ne dépend pas seulement de l'outillage musculaire de l’ouvrier, mais aussi de son activité cérébrale, de son « outillage mental ». Le psychophysiologiste dispose, aujourd’hui, des moyens de mesurer cet outillage mental, c'est-à-dire : l’attention, le temps de réaction, la présence d'esprit, la mémoire, la « fatigabilité » la « plasticité fonctionnelle », etc.
Les chemins de fer saxons ont si bien compris lintérêt de cette méthode, qu'ils ont créé à Dresde un laboratoire chargé de la sélection de tout le per. sonnel des chemins de fer. Un laboratoire semblable a été créé à Berlin pour le choix du personnel des tramways ; son installation a coûté 90.000 marks ; l’économie qu’il a fait réaliser pendant la première année de fonctionnementest évaluéeà 410.000 marks: la sélection professionnelle se traduit aussi par des avantages sociaux ; généralisée, elle diminuera le nombre des mécontents, des déclassés, groupe turbulent composé presque exclusivement d’inaptes à
la profession exercée ; elle diminuera aussi l’aliénanation mentale qui reconnait presque toujours maintenant le surmenage cérébral! comme cause principale, en dehors de l'alcoolisme et de la syphilis ; le seul département de la Seine dépense 50 millions De an pour interner ses aliénés !
L’ouvrier se fatigue en exécutant un petit mouvement facile, toujours le même, parce que ce mouvement, dans l'état actuel de la technique, est toujours imposé : il doit s’exécuter dans un temps donné ; sa trajectoire, son rythme et son amplitude sont déterminés. Presque tous les mouvements professionnels sont soumis à celte « contrainte sociale », exigent de l'attention et provoquent la fatigue cérébrale.
Cependant, le travail ne conduit pas nécessairement au surmenage : c'est ainsi que beaucoup d’ouyriers sont beaucoup plus fatigués le lundi matin que le samedi soir, L'exercice rationnel d’un travail peut donc être bienfaisant, hygiénique. Mais s’il ya des fatigues réparables il y en a d’autres qui ne le sont pas.
La fatigue se porte 4 préférence sur les organes : les plus délicats, ceux des sens, le système nerveux, le cerveau. Il est donc rationnel d’instituer un examen psycho-physiologique à l'entrée des professions comme de recourir à l'examen médical : celui ci écartera bien du métier de forgeron celui dont le cœur est en mauvais état, quelle que soit sa force musculaire, mais seul l'examen psycho-physiologique écartera du métier d’aiguilleur celui qui
manque d'attention ; il se fatiguerait beaucoup trop vite.
Le contrainte sociale fait que les travaux les plus demandés actuellement sont ceux pour lesquels le système nerveux se fatigue le plus vite ; c’est une conséquence du progrès industriel qui a pour effet de substituer la machine à l’homme si on peut éviter l'intervention de son intelligence.
Une des préoccupations de la Ligue d'Hygiène mentale, récemment créée par le D' Toulouse, est de rechercher la nature et l'étendue de la nocivité des divers travaux industriels. C'est aux techniciens que revient ensuite la tâche de trouver l’organisation du travail dans les usines qui rendra cette nocivité nulle ou minima. À ce point de vue, l’organisation créée par M. Charpy dans une usine métallurgique de Montluçon, est tout à fait remarquable. M. Charpy s’y est beaucoup préoccupé des repos intercalaires, indispensables quand les ouvriers d’une même équipe travaillent en liaison et dépensent en un temps très court une grande énergie musculaire et nerveuse pour exécuter ensemble une opération pénible, délicate et dangereuse. L'opération peut ne durer que trois à quatre minutes ; il est judicieux cependant de ne la faire exécuter que tous les quarts d'heure et de laisser l’équipe au repos complét pendant onze à douze minutes avant de recommencer l'opération ; le patron y trouve avantage car, dans ces cas, il importe bien plus de réussir une opération difficile qui, manquée, lui coûte extrémement
SetoDT es
cher, que de produire beaucoup et de payer plus ou moins trois ou quatre ouvriers. |
Mais il faut produire, travailler : il faut des travailleurs quand même et il en faut beaucoup. L'application des nouvelles méthodes ne va-t-elle pas tarir le marché du travail ? M. Lahy ne le croit pas et répond à cette objection ; un ouvrier cherche une place ; jusqu’à présent, il a exercé une profession à laquelle il n’est pas apte ; une place est vacante dans une autre profession qu’il n’a pas exercée mais à laquelle ii est apte ; il ira l’occuper et changera de profession.
Ceci suppose une compréhension parfaite de la méthode, par le patron et par l’ouvrier — c’est une question d’éducation — et aussi une organisation . rationnelle des offices de placement utilisant les données de la psycho-physiologie. C’est là une tâche de longue haleine et qui fait appel une fois de plus à la collaboration de l’industriei et du savant, de l'usine et du laboratoire.
5° Anormaux, antisociaux. — Après l'hygiène du cerveau normal, qui empêéchera l’homme sain de s’amoindrir intellectuellement, et qui leur fera donner le maximum d'utilité sociale, lui réservant par là le maximum d'avantages personnels, il faut songer à l'hygiène spéciale des anormaux. Ces êtres doivent être protégés contre eux-mêmes : la société doit l'être aussi. En leur assurant la meilleure utilisation, dans des conditions particulières à leurs cas, on peut atteindre l’un et l’autre but, alors que, laissés
à eux-mêmes, aux forces aveugles qui les dominent, ces sujets alimentent la chronique des faits divers et petits drames quotidiens.
Quant aux antisociaux proprement dits, des dispositions spéciales doivent être prises à leur égard : la règle générale — l’asile commun ou la prison — ne leur est pas applicable sans modifications profondes. Les triages méthodiques des « délinquants » organisés en Amérique à la prison de Sing-Sing, montrent que la loi ne doit pas frapper aveuglément, impersonnellement. Plus la répression sera éclairée (et par conséquent inspirée du désir de rendre l’individu moins nocif et non pas plus handicapé et plus aigri) mieux la société sera protégée.
6° Dispensaires, services ouverts. — Pour atteindre tous ces buts de surveillance, de proteclion, d'assistance efficace, il est indispensable qu'une organisation puissante mette à la portée des intéressés, tous les moyens nécessaires de s’éclairer, de se traiter. C’est le rôle rempli, en Amérique, par les dispensaires psychiâtriques et les visiteuses, qu'il envoie, au domicile des assistés, rechercher les éléments précis du problème et de sa meilleure solution, puis s'assurer de la bonne compréhension, de la bonne exécution de ses prescriptions. Ce sont ces visiteuses, vile appréciées par les intéressés, qui « débrouillent » la situation, s’ingénient à rendre l’aide technique ellicace, qui amènent au dispensaire, les récalcitrants ou les hésitants.
Le dispensaire psychiâtrique répond à un triple but :
1° Reconnaïtre les maladies nerveuses ou mentales païissantes chez les enfants et chez les adultes trop légèrement atteints pour être hospitalisés dans un, hospice ou un asile, et rechercher leurs causes médicales ou sociales ;
2° Prescrire un traitement médical physique et psychique ;
3° Essayer de réformer le milieu familial et social dans lequel vit le malade, ou le soustraire à un entourage qui lui serait pernicieux. :
En dépistant les anomalies et ârriérations infantiles, en assistant les adultes qui présentent les premiers symptômes de névroses ou de psychoses ou qui sont menacés d’une rechute, ce dispensaire évitera l'encombrement des hôpitaux et des asiles et diminuera le nombre des crimes et des délits commis par les psychopathes.
Quand le milieu ne se prête pas aux soins nécessaires, quand un repos mental complet est indispensable, mais incompatible avec la situation du malade, ce dernier est recueilli, hospitalisé dans des «services ouverts », des asiles. J |
Jusqu'à présent, en France,ce psychopathe a toujours été refusé à l’hôpital qui se déclare incompétent, et n’a pu être admis à l’asile, que sous la production d’un certificat d’aliécation mentale conffrmee, ce qui incitait à attendre le plus tard possible de soigner une affection d'autant plus curable qu'on s’en occupe plus tôt.
Pour ne prendre que des exemples connus de tous