‹ Les Récentes Échelles Mobiles de Salaires Systèmes d'ajustement automatique des salaires au coût de la vieChapitre 11 sur 76 · PAST · texte numérisé non relu

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nauté d'intérêts entre patrons et ouvriers, mais par suite du manque de corrélation entre les mouvements du coût de la vie et ceux du prix de vente des industries intéressées, elles aboutissaïènt souvent à des conflits, que leur. institution avait précisément pour but d'éviter. Il fallut de bonne heure établir un salaire de base considéré comme un minimum d'existence intangible et ne faire jouer l'échelle mobile que pour la fraction du salaire excédant ce minimum L'ancienne sliding scale ainsi modifiée conserve encore une grande faveur dans les industries anglaises du fer et de l'acier.

Depuis la guerre on entend par échelle mobile un système de rémunération qui n’a de commun avec le premier que le nom. On désigne maintenant par là un mode d’ajustement par léquel les salaires varient en fonction du coût de la vie dans un rapport convenu. À l'inverse des premières échelles mobiles qui font varier le salaire en raison des marchandises que produit l’ouvrier, les nouvelles l’adaptent au coût des marchandises qu’il consomme. Elles n’ont pour objet que le « maintien du salaire réel » et non son accroissement basé sur la productivité du travail.

Il est regrettable qu’une même expression serve à désigner jusqu'ici deux systèmes aussi dissemblables. La langue anglaise les différencie cependant en dénommant les premières «cost of selling sliding scales » ou encore « selling-price sliding scales » et en leur opposant les dernières sous le nom de « cost of living sliding scales ». Il semblerait préférable, pour éviter toute confusion, de donner au nouveau système l'appellation de « système de stabilisation du salaire réel », « système d'ajustement automatique au coût de la vie », « système de salaire à valeur constante », encore que cette dernière expression ait servi en Allemagne à désigner une modalité de l'échelle mobile que nous examinerons plus loin. C’est uniquement les systèmes d’ajustement au coût de la vie que nous aurons en vue dans les pages suivantes.

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Il semble que l’on puisse faire remonter l’idée du nouveau Système d'échelle mobile aux économistes classiques, qui cher-

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chaient à expliquer la formation du salaire par la notion du coût de production. Avant Ricardo, Turgot avait déjà écrit que « en tout « genre de travail il doit arriver et il arrive que le salaire de « l’ouvrier se borne à ce qui est nécessaire pour lui procurer sa « subsistance ». Pour Ricardo, « le prix naturel du travail est celui « qui fournit aux ouvriers en général les moyens de subsistance et « de perpétuer leur espèce, sans accroissement ni diminution ». Ricardo reconnaît donc « qu'avec une élévation du prix des den- « rées, le prix naturel du travail s’élèvera ; avec une baisse dans « leur prix, le prix naturel du travail baissera ».

Mais cette adaptation du salaire aux prix se fera naturellement. Le recours à un moyen artificiel eût été sévèrement critiqué par ces auteurs.

Un commerçant écossais du XIX®° siècle, Joseph Lowe, paraît avoir eu le premier l’idée de l’échelle mobile (1). Dans un ouvrage paru en 1822 sous le titre « Present State of England with respect to Agriculture, Trade and Finance, with comparison of the prospects of England and France », il recherche un étalon de la valeur plus stable que l’or et le papier-monnaie. Les fluctuations monétaires durant et après les guerres napoléoniennes avaient été semblables à celles d'aujourd'hui et déjà en 1795 on avait discuté à la Chambre des Communes de la nécessité d'ajuster les salaires des travailleurs agricoles, soit aux variations du prix du blé, soit à celles du prix des denrées de consommation (2). Cependant Lowe a le mérite de donner, dit M. Fisher, une claire compréhension de la relation entre les variations de salaires proposées et le problème général des variations de la valeur de la monnaie. Il appuie « l'opportunité de donner, non seulement à nos propres denrées alimentaires, mais aussi aux denrées d'importation et aux produits manufacturés, une importance directe dans l'établissement du

(1) Cité par Alan G. B. Fisher, « Some Problems of wages and their regulation in Great Britain since 1918 », Londres, King and Son 1926, p. 163 et suivantes.

(2) Ainsi le Réverend J. Howlett, en 1796. (Examination of Mr Pitt’s Speech in the House of Commons » p. 50, cité par Fisher, loc. cit,

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