Traitement de l'infection
De même que l’examen chimique du calcul enlevé et des urines du malade après ‘l'intervention est la condition première d’un traitement rationnel de la diathèse, de même l'examen cyto-bactériologique des urines séparées doit toujours guider le traitement qui s'adresse à l'infection : déjà pratiqué avant l’opération, il doit être répété plusieurs fois après elle, et le traitement ne pourra être suspendu que lorsque cet examen montrera enfin un rein débarrassé d’éléments microbiens. L |
a) On recherchera d’abord l'existence d'UN FOYER INFECTIEUX CHRONIQUE A DISTANCE, et l’on pourra être amené à traiter, suivant les cas : .
— soit un syndrome entérorénal: FREDET insiste, dans ce cas, sur l'utilité d’un examen minutieux préalable du tube digestif (radioscopie, examen chimique des feces, examen de la flore microbienne ou parasitaire de l'intestin); un traitement intestinal bien conduit favorisera alors grandement la désinfection d’un rein infecté par le colibacille ou l’entérocoque :
— soit une lésion infectieuse de la cavité buccopharyngée (« focal infection »), des voies urinaires inférieures, etc. ;
b) Mais on devra agir surtout au niveau du rein infecté, et l’on aura recours, pour réaliser cette ANTI-
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SEPSIE URINAIRE : au traitement général, au traitement local.
1° TRAITEMENT GÉNÉRAL. — L'’antiseptique le plus couramment utilisé est l’urotropine ; ABRAMI la proscrit formellement, comme étant trop congestionnante, et susceptible de provoquer des hématuries et des poussées cystalgiques ; « elle ne saurait être donnée », ditil, « qu'à des doses faibles, bien probablement alors inopérantes ». PAILLARD, par contre, d'accord avec la grande majorité des auteurs, la préconise, la jugeant « difficilement remplaçable ».
Notre Maître donne actuellement la préférence au Salol, qui lui paraît moins congestionnant, et tout aussi efficace que l’urotropine.
Quant aux méthodes biologiques (auto ou stockvaccins, bactériophages, administrés par voie digestive ou hypodermique), elles paraissent inopérantes dans les infections chroniques des voies urinaires.
On ne doit pas oublier enfin l’heureuse influence des eaux minérales, soit en cures saisonnières (La Preste, Vittel, etc.), soit en dehors d’elles.
2° TRAITEMENT LOCAL. Commentcé par un drainage rénal bien établi et longtemps maintenu, il sera continué par des LAVAGES DU BASSINET.
Ce dernier traitement, préconisé déjà en 1911 par RAFIN comme le meilleur moyen de prophylaxie des récidives, a fait l’objet de nombreuses communications au Congrès français d’Urologie; ANDRÉ, de Nancy, au Congrès de 1923, recommande notamment des lavages en série pendant des mois et même des an-
nées, les considérant comme aussi indispensables chez les opérés de calculs que l’est le cathétérisme urétral chez les rétrécis.
C'est qu'en effet ils paraissent réaliser pleinement : le but cherché, luttant, d'une part contre l'infection, par l’action mécanique du lavage et par l’action chimique des antiseptiques déposés « in situ » : d’autre part contre la rétention, par la dilatation de l’uretère et leur action dynamique sur la paroi pyélique.
Leur influence n’est cependant pas admise par tous les urologues ; CIFUENTES leur accorde une valeur très relative, considérant qu'ils agissent beaucoup plus par dilatation de l’uretère que par l’effet antiseptique du lavage. LEGUEU, ayant observé un cas de lithiase apparu «( sous le lavage », au cours du traitement d’une pyélonéphrite, fait. même des réserves sur leur valeur comme prophylaxie anticalculeuse après l’intervention. Pour MARION, par contre, ils constituent « la « seule antisepsie urinaire vraiment réelle, et qui per- « met de maintenir en état d'infection atténuée un rein « plus ou moins purulent ».
Quant au choix de la solution antiseptique, nous pensons, avec LEGUEU, que le nitrate d’argent doit être employé avec prudence et à des dilutions très grandes, car, par son action desquamante sur la muqueuse pyélique, il risque de former un noyau organique à une nouvelle production calculeuse. Nous préférons utiliser le collargol, ou mieux le protargol, en solutions faibles. Les urologues américains se servent du Mercurochrôme 220, à 1/2 %.
Les différents bouillons-vaccins, bactériophages ou
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antivirus récemment préconisés ne paraissent pas d’une efficacité très grande.
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Quoi qu'il en soit, les lavages doivent être répétés fréquemment, et poursuivis jusqu’à ce que l'examen bactériologique des urines révèle, sinon la guérison complète, tout au moins une grande amélioration de l'infection.
En conclusion, le traitement prophylactique des récidives apparaît donc comme un traitement de longue haleine, composé d’éléments très divers, dont aucun ne doit être négligé : commerçant avant l'intervention, ‘par la précision dans le diagnostic radiologicue et dans les indications chirurgicales, par un traitement de l’infection rénale, s’il y a lieu; se poursuivant pendant l'intervention, au cours de laquelle il réclame un certain nombre de particularités techniques, il doit, enfin et surtout, être patiemment continué dans les suites opératoires.
C'est à cette seule condition, exigeant de la part du malade beaucoup de patience et de volonté, qu'il permettra d’abaisser de façon appréciable le taux des récidives.