‹ Les Récidives de la Lithiase Rénale: Après Interventions ConservatricesChapitre 52 sur 73 · En cas de rein unique · texte numérisé non relu

En cas de rein unique

Dans ce cas (rein unique congénital ou après néphrectomie), les indications sont analogues, mais doivent être marquées d’une prudence plus grande encore.

a) Tant que le calcul récidivé ne détermine pas d’accidents graves, notre Maître estime que l’abstention opératoire est la règle.

‘Tel est le cas de notre observation XVI, concernant une malade qui, présentant d’un côté une lithiase infectée, et de l’autre une hydronéphrose infectée avec crises de rétention, subit d’abord une néphrolithotomie gauche, puis une néphrectomie droite ; malgré la reproduction d’un volumineux calcul coralliforme dans le rein restant, M. le Professeur Gayet déconseille l'intervention et soumet la malade au traitement médical.

b) C'est seulement en cas d’accidents graves (hémorragies, douleurs, infection rénale avec rétention), à main forcée, qu'il est indiqué d'intervenir; et alors, la néphrostomie est encore nécessaire, qui sera, sui-

vant les cas, temporaire, ou plus souvent définitive.

MARION fait remarquer, d’ailleurs, que la néphrostomie définitive, malgré la grosse infirmité qu'elle représente, est en général beaucoup mieux tolérée qu’on serait porté à le croire, et permet au malade de continuer une existence normale ; il cite en exemple deux observations : |

L'une, d’'ALBARRAN, concerne un malade qui, néphrectomisé d’un côté, subit trois interventions sur le rein restant pour lithiase récidivante; ayant été néphrostomisé, 1il ne présenta plus d'accidents par la suite, et menait encore, douze ans après, une vie absolument normale.

L’autre, personnelle, est celle d’un malade qui, ayant dû être néphrectomisé pour pyonéphrose calculeuse droite, présenta ultérieurément une lithiase du rein gauche, compliquée d’anurie; opéré par pyélotomie, le malade récidiva et subit alors, avec l’ablation du calcul récidivé, une néphrostomie définitive. Plus de huit ans après, il était en excellent état.

Les observations de ce genre ne sont d’ailleurs pas rares : JABOULAY citait volontiers le cas d’une malade de sa clientèle qui, bien qu’affligée d’une néphrostomie bilatérale, continua à mener pendant plusieurs années une vie mondaine très active; et celui d’un ingénieur qui, porteur également d’une néphrostomie double, exerçait en Orient sa profession, faisant à cheval de

longues randonnées et menant une existence physique très pénible.

LAZARIDES, dans sa thèse; ANDRÉ, au Congtès de Vittel de 1931, citent des cas analogues. .

Aüinsi donc, en cas de récidives bilatérales. graves ou de lithiase récidivante dans un rein unique, on n’hésitera pas à pratiquer la néphrostomie définitive, puisque seule elle permet de sauver la vie du malade.

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