Dans la lithiase bilatérale
a) Si la récidive est peu gênante, le mieux sera de s'abstenir et de se contenter du traitement médical et de lavages du bassinet.
Etant donné en effet la gravité de toute opération dans ce cas, et la possibilité d’une seconde récidive, il paraît préférable d'attendre pour intervenir l’apparition, d’ailleurs problématique, d’accidents sérieux. Et beaucoup de récidives sont susceptibles de rester complètement latentes pendant de très nombreuses années, avec un fonctionnement rénal suffisant.
b) En cas d’accidents nécessitant une réintervention :
— si la récidive est unilatérale, on ne se résoudra à la néphrectomie qu'à la dernière extrémité, en cas de rein pyonéphrotique complètement détruit : car, sans parler de la récidive possible du côté opposé, la” néphrectomie est très grave en elle-même, et BOEKEL a présenté à la Société française d'Urologie, en 1925, l'observation d’une lithiase bilatérale, pyélotomisée des deux côtés, qui, ayant dû subir une néphrectomie gauche en raison d’une récidive multiple très douloureuse de ce côté, mourut d'insuffisance rénale cinq jours après l'intervention, malgré la constatation, avant celle-ci, d’un fonctionnement très suffisant du rein droit.
— si la récidive est bilatérale, on peut avoir à réin-
tervenir, soit d'un côté, pour sauver l’un des reins, . soit des deux côtés. f
Mais alors, on ne se contentera pas d'enlever les calculs : il faudra drainer le rein, en envisageant la possibilité d’un drainage définitif; si, ultérieurement, l’état du rein drainé s'améliore au point que l’on puisse envisager la suppression du drainage, rien n'empêchera de laisser se fermer la fistule lombaire ; par contre, si le rein reste infecté, malgré des lavages répétés par le drain, il y aura intérêt à laisser au malade une néphrostomie définitive, comme le recommande MA- RION ; la fistule lombaire pourra permettre, en outre, d'extraire des calculs laissés dans le rein au cours d’une opération incomplète (voir observ. 19), ou même reformés depuis malgré le drainage.