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la plaisanterie impie qui allait s'échapper de ses lèvres, 8’y arrêta, comme un serpent qui se replie et rentre dans son répaire. C’est qu'il y avait sur le visage du plus âgé de ces mcînes, dans les cheveux qui couronnaient sa vieillesse, de même qu’une guirlande de fraîches roses couronne la jeunesse, ‘dans la sérénité de son regard, dans la gravité de sa bouche, une dignité ui imposait, une douceur qui attirait, une autorité qui devait émouvoir et dominer même une âme glacée et corrompue.
Le châtelsin les fit asseoir à sa table et garda un moment le silence; maïs le religieux, fidèle à sa mission, commença à faire entendre la parole de Dieu dans ce lieu d’où elle avait été bannie, réfugiée an cœur de la châtelaine comme en un sa: tuaire.
Le ma‘ se taisait, ét tout en écoutant, regardait sa femme qui, les mains jcintes, les yeux pleins d’anxiété, regardait Je missionnaire, comme le marin, dans une nuit d'orage, regarde le phare qui lui montré le port, pendant que ses lèvres murmuraient: “Dieu bénit celui qui écoute l”
Après le souper, le châtelain prit une bougie, l’alluma
et conduisit lui-même ses hôtes à la meilleure chambre
du château, où les attendaient de beaux lits dorés garnis de matelas de soie ; maïs les religieux se refusèrent à en user, disant qu'ils ne couchaient jamais que sur la paille. |
Alors le châtelain descendit lui-même à l’écurie et
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au cœur, les larmes dans les yeux, l’aumône à la main,
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en rapporta une ch:rge de paille qu’il étendit sur le parquet. .
4 Mon père, dit-il en brisant d’un généreux effort la glace qui pesait sur son cœur, mon père, je voudrais revenir à Dieu; mais il n’est pas possible que le Seigneur me pardonne tous mes crimes.
— Quand vos péchés, repartit le missionnaire, passeraient en nombre les grains de sable de la mer, les. gouttes d’eau des nuages ou les étoiles du . 2], le repentir les effacerait tous, et la clémence de Dieu les pardonnerait; c’est pourquoi le pécheur erdurci n’a point d’excuse, et c’est ce qui fera son désespoir éternel.”
Alors le châtelain se mit à genoux, se confessa, et d’abondantes larmes de contrition tombaient de ses yeux sur la paille où il s'était agenouillé.
Lorsque le missionnaire, après avoir rendu grâces au Dieu de toute miséricorc:, se frit endormi, il se sentit transporté devant le divin tribunal; l’éternelle justice tenait en main la balance qui pèse le mal et le bien; une âme allait être jugée: c'était celle du chàtelain. Satan, avec l’insolence du triomphe, mit dans
. un des plateaux de la balance l’amas énorme de ses
iniquités ; les bons anges se couvrirent la face d’horreur et de compassion; l’âme exhala un gémissement de douleur.
Alors son ange gardien s’approcha, cet ange si doux, si patient, si beau, cet ange qui nous met le repent:r
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la prière sur les lèvres. Il apportait quelques brins de paille mouillés de larmes; il les mit dans l'autre plateau. ,
L'âme fut sauvée.
Le lendemain matin, quand le religieux se leva, il trouva le château dans la consternation.
Il en demanda la cause.
Le châtelain était mort dans la nuit.