‹ Les Récits du bon curé [microforme]Chapitre 10 sur 38 · ARE ER · texte numérisé non relu

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envoie sa chaleur comme une caresse, il y en a qui grelottent de froid... tandis que, par leur fumet savoureux ces mets excitent notre appétit, d’autres «nt faim. Voilà paurquoi ma gorge se serre, et pourquoi je ne puis manger.

— Mais, madame, reprit le mari, qui donc, à votre connaissance, se meurt de froid et de faim ?

— Deux pauvres religieux, menseigneur, qui m'ont demandé asile et qui sont dans l'écurie.”

Le mari fronça le sourcil.

‘ Des moines! dit-il, des fainéants, des gloutons, des coquins qui voudraient se bien traiter à mes dépens |

— Ils n’ont demandé qu'un abri et un peu de paille.”

Le châtelain apnela ses gens.

“Oh! monseigneur, monseïigneur, s’écria en sanglotant la châtelaine, ne ler chassez pas; souvenezvous de votre promesse |

— Soyez tranquille, lui répondit son mari; ils mangeront, ils se chaufferont, et par-désvus le marché ils m'amuseront. Vous allez voir ! ”

Et il ordanna à ses domestiques de les amener en sa présence.

Pourtant, lorsque parurent les deux religieux, l’humour ironiqne et railleuse du châtelain se dissipa, comme se dissipe aux premiers rayons du soleil le froid et épais brouillard qui, la nuit, s’est exhalé d’un marais. Par un mouvement involontaire il se leva, et

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