u} 1 }| pi
#2 (1 } MUR ft je ni À ÿ (4H ' “ } Î UNS H | VAL LM 41 Î ft TUE 4 ( | Nain + Ki | À F Hi & M | f il AMEN S | il 4 il NP #4) fl | P HI fl t | | { À 14 ( H # 1} il! ‘EX ‘ i Hit t | f 1e U 415 {il k HY 1 4 à 14 29 HIHBNEL 4 LE it SM Û {4 ù + j à à ty REUTERS if L 44 14 :| | 1 Î] } (] jh a 41 1h 4.4 RER Et 4: !
ht TR.
Fil (À UE ' 14 ni: il ) f fl 1 { jai NE 0 a} 1 j } if i 1 tt À tu ' L | H | | Ï hh FE | } 1 1] nt fait | | à sh \ r EUR :
ÿ -nel f i :
tit Hal. - #4 } qu »
| HS | hi Ï
oo
C'est ainsi qu'il arriva à son village et à sa maison.
Il y avait deux ans qu'il en était absent. Maigre, le teint hâlé, couvert de chapelets, de coquilles et de poussière, il était méconnaissable, et de fait personne ne le reconnut. Il vint tout droit à la porte de chez lui, et dit tout doucement:
“ Au’ pauvre pèlerin, au nom de Dieu, faites l’aumône |!
— Holà, cria la femme, vous êtes insupportable ;
tous les jours il en passe de ces vagabonds, de ces coureurs, de ces fainéants…
— Hélas! ma femme, fit le bon vieil Archimbaud, donne-lui quelque chose ; qui sait si notre enfant n’est pas en ce moment dans le même besoin ?”
Et, ma foi, tout en grognant, la femme coupa un croûton de pain, et alla le donner au pauvre.
Le lendemain le bon pèlerin retourne à la porte de sa maison et se met à dire:
Au nom de Dieu, madame, faites un peu l’aumône au pauvre pèlerin.
— Encore vous! cria la vieille. Vous savez bien qu’on vous a donné hier. Ces mangeurs achèveraient tout |
— Hélas ! ma femnue, dit le bon vieil Archimbaud,
tu as bien mangé hier, et aujourd’hui ne manges-tu pas? Qui sait si notre enfant n’est as en ce moment dans la même misère ? ”
Et la femme, touchée de nouveau, va couper un morceau de pain et le porte au pauvre.
Le surlendemain, Esprit revint à la porte des siens:
‘Au nom de Dieu, madame, ne pourriez-vous pas donner l'hospitalité au pauvre pèlerin ?
— Non, cria la vieille avare. Allez-vous-en coucher où couchent les gueux |...
— Hélas ! ma femme, dit le bon vieil Archimbaud, va, donne-iui l’hospitalité; qui sait si notre enfant, notre cher Esprit, n’est pas exposé en ce moment à la rigueur du mauvais #emps ?
— Tu as raison, dit la mère.” Et elle alla aussitôt lui ouvrir la porte de l’étable, où le pauvre enfant a!la se coucher dans un coin sur la paille, auprès des bêtes.
Le lenuemain, à la première aube, voici la mère et les frères d’Esprit qui vont ouvrir l’étable. Or l’étable était toute lumineuse; le pèlerin était mort, raide et pâle entre quatre grands cierges qui brûlaient autour de son corps. La paille sur laquelle il gisait, était étincelante: en haut les toiles d'araignées brillantes pendaïent des solives comme les courtines d’une chapelle ardente ; les bêtes de l’étable, mulets et bœufs, regardaïent ébahis avec de grands yeux pleins de larmes ; un parfum de violette embaumait le réduit, et le pau-
mm
214 LE BON PÈLERIN Sa vre pèlerin, glorifié dans son corps, tenait dans ses mains jointes un papier qui portait ces mots écrits d’une main expirante :
“Je suis votre fils...”
Le bon pèlerin avait acquitté le vœu de son père et gagné l’âÂme de sa mère: son pèlerinage était achevé.
Tous en se signant tombèrent à genoux. Je vous laisse à penser si l’on pleura le saint.
F. Misrrar.
M nm is ne
(HISTORIQUE
C'était par une matinée de la fin de décembre, de ce mois de l’Enfant-Jésus, où le même froid qu'il a enduré, fait grelotter nos membres et réjouit nos âmes, et que nous célébrons à l’envi, de mille manières diverses et de si grand cœur! Tout, aans ces jours qui ramènent le glorieux anniversaire de la venue au monde de notre Sauveur, tout est animé et joyeux, et il n’est pas sur la terre de fête plus universelle. Même dans les églises, les messes sont saintement joyeuses, et on y interrompt le solennel plain-chant au moment du Gloria, pour y substituer les vifs et doux noëls dans toute leur simplicité, accompagnés de zambombas et de tambours de basque, en mémoire de ceux que chantèrent les bergers ; et, en les entendant, de douces larmes s’échappent de nos yeux, et les siècles passés semblent s’effacer pour que rien ne nous sépare de l’heureux jour qui inaugura notre rédemption. ù
Donc, par cette froide matinée de décembre, nous étions absorbé dans une lecture pleine d'intérêt, lors-
qu’un timide coup de sonnette 8e fit entendre à la porte de la rue. On oùvrit.
‘ Voulez-vous des balais? demanda une voix enfantine.
— Qu'on les achète,” criai-je.
Les eñfants montèrent.
‘Combien vends-tu chaque balai? demanda une servante qui avait son franc parler dans la maison.
— Deux cuartos, dit l’humble petite voix.
— Deux cuartos! s’écria la grosse voix aigre, deux cuartos pour des balais qui ne valent rien! M'en donnes-tu deux pour trois cuartos ? ”
Si on lui eût demandé un cuarto, elle aurait offert un msravédis ; marchander est ce qui tient par-dessus tout au cœur de toute acheteuse. -
Les enfants se turent ; ils ne savaient pas surfaire leur marchandise.
‘“ Qu'on leur donne ce qu’ils demandent,” criai-je .de mon cabinet.
La servante se formalisa, et vint me prêcher un sermon qui finit par ces paroles: ‘ Monsieur s’entend beaucoup en livres, mais en balais, ni peu ni beaucoup; ceux-ci sont de la mauvaise. marchandise, et en outre ils ne sont pas cousus.
— Eh bien ! répondis-je, qu’on les achète, et ensuite vous pourrez les coudre, et même les broder, si ça vous fait plaisir.”
La servante resta ébahie au point d’en perdre la parole, et ce n’était pas sans raison ; car si j’ai un peu
de poésie au cœur et quelques: idées dans la tête, je n’en suis pas moins extrêmement partisan de l’ordre et de l’économie; et, dans mes acquisitions, je me règle sur la devise des trois B adoptée à bon droit par un des principaux magasins de Séville, lequel, par ses trois B entend promettre à ses pratiques de tout donner bon, beau et bon marché. Contrevenir moi-même aux règles établies par moi, c'était donc un coup de tête en bonne forme, un gaspillage évident, un abus flagrant d'autorité.
Aussi la servante indignée me tourna-t-elle les épaules, et j’entendis dans le corridor le murmure d’une opposition bien formulée.
On y pouvait entrevoir les préludes d’un vote de censure et la menace d’une sédition.
Les vieux habits, qui à ce moment même faisaient le1r office dans les corridors et l'escalier, recevaient . leur coup de grâce par l'impulsion violente que leur donnaient des mains irritées; à la cuisine, on souffla les fourneaux d’une si furieuse manière qu’on les eût pris pour la forge de Vulcain. Le Gallego qui montait alors un petit baril d’eau, dans son indignation et comme pour parodier ma prodigalité, répandit la moitié du baril en dehors de la fontaine; et, en redescendant payer le porteur d’eau, il profita de l’occasion pour apostropher les enfants d’un énergique: ‘‘ Allez au diable ! ”
‘Qu'on amène ces enfants dans môn cabinet, m'écriai-je impérieusement.”
ner one mé Et nt gd ttes cree ee
ttes.
Nouveau sujet de scandale; et comme nos domestiques sont d'ordinaire nos juges les plus sévères, cet ordre ayant paru aux miens un composé d’arbitraire, de despotisme, de contradiction et d’extravagance, aucun ne bougea pour l’exécuter.
C’est une chose reconnue qu’il n’y a rien de moins humble qu’un domestique espagnol, de même qu’il n’y a rien de moins fier qu’un maître de la même nation. Traiter ses gens d’imbéciles, c’est chose, en Espagne, qui ne se voit que dans les romans imités du français.
Les enfants n’entrèrent donc pas.
“Vicenta, dis-je du ton d’un inférieur qui s'adresse à son supérieur, ayez la bonté de faire entrer ces enfants.
— Eh ! s’il ne tient qu’à moi, ils peuvent bien entrer au salon,” grommela la servante interpellée, et elle leur ouvrit la porte à deux battants.
Les enfants entrèrent avec leurs petits faisceaux de balais, de bien piteux balais assurément; l’un de ces enfants devait avoir cinq ans et l’autre six. Ils se ressemblaïient à tel point que le beau signe de la fraternité était empreint sur leurs deux visages comme sur deux roses du même rosier. Leurs yeux grands et noirs brillaient de la même expression de douce et naïve simplicité.
Mon Dieu ! que nous savons peu nous tenir dans la voie du bien, tandis que dans celle du mal nos pasgions nous donnent tant de fermeté et d'énergie !
Les ridicules murmures des domestiques avaient
arrêté ce bel élan de compassion qui venait de sourdre dans mon cœur, comme le jet d’une eau pure et vivifiante. Toute bonne maxime peut être mal appliquée, de même que peut recevoir une bonne application un dicton né d’un mauvais esprit; et j'avais là une belle occasion de bien appliquer celui-ci: À qu’en dira-t-on ? je réponds: Que m'importe 8
Mais il n’en fut pas ainsi, et à chacun de ces enfants, ce que je donnai, ce fut... deux cuartos!
En recevant cette monnaie, tous deux, par un mouvement simultané, portèrent la main à leurs faisceaux pour en tirer un balai et me le donner en échange: mais je leur dis qu’il ne m'en fallait pas davantage, E : que ces cuartos étaient pour eux. Ils me regardèrent avec de grands yeux étonnés, baïsè:ent chacun leur cuarto et 8’on allèrent sans mot dire. Évidemment, de toutes les paroles qui servent à exprimer la reconnaissance, ils n'avaient jamais eu sans doute l’occasion d’en apprendre aucune.
Et à présent qu’ils sont partis, je pleure. Deux cuartos ! voilà Le que j’ai donné, au cœur d’un rigoureux hiver, le jour où est né l’Enfant-Jésus, et quand les pauvres malheureux n'avaient pas de souliers aux pieds! Pauvres petits! pauvres petits! deux cuartos! quand les boutiques des confiseurs regorgent de sucreries et de gâteaux, que les armoires sont remplies de gourmandises, et quand peut-être ils n’avaient pas de pain ! Peuvres petits ! deux cuartos! quand les étalages des marchands sont encombrés de zambombas et
UT | À | LAN | } À | 1! (| ? ' 1 4h maaut l 140 Î | ( pr fi # | RE:
Hi } } } Î N i ?
l 1 MA M HA te | K! ] {EN Q | HA ut {CNE PS Î HN à ‘! il »