FR ET TT
ere ns 2
ee
és 49 un:
at ue tale ce JUS
ET DE Re
tm
même près de la chapelle, quelques mois auparavant, couvrait maintenant l’asile saint.de son large feuillage! Le moine, hors de lui, se dirigea vers la nouvelle entrée et sonna doucement. Ce n’était plus la même cloche argentine dont il connaissait le son. Un jeune frère vint ouvrir.
‘Que s'est-il donc passé? demanda Urbain. Antoine n'est-il plus le portier du couvent ?
— Je ne connais point Antoine,” répondit le frère.
Urbain porta les mains à son front avec épouvante.
“Suis-je devenu fou! dit-il. N'est-ce point ici le monastère d’Olmütz, d’où je suis parti ce matin ? ”
Le jeune moine le regarda.
‘ Voilà cinq années que je suis portier, répondit-il ; je ne vous connais point.”
Urbain promena autour de lui des yeux égarés. Plusieurs moines parcouraient les cloîtres ; il les appela; mais nul ne répondit aux noms qu’il prononéait. Il courut à eux pour regarder leurs visages, il n’en reconnaissait aucun!
Y a-t-il ici quelque grand miracle de Dieu? s’écria-t-il. Au nom du ciel, mes frères, regardez-moi ; aucun de vous ne m’a-t-il déjà vu? N’y a-t-il personne qui connaisse le frère Urbain ? ”
Tous le regardèrent avec étonnement,
“Urbain! dit enfin le plus vieux; oui, il y a eu autrefois à Olmütz un moine de ce nom ; je l’ai entendu dire à mes anciens: c'était un homme savant et rôveur qui aimait la solitude. Un jour, il descendit
ot ne mutation nn inimmttemmaiann
FRÈRE URBAIN f41 dans la vallée; on le vit se perdre au loin derrière le bois ; puis on l’attendit vainement ; on ne sut jamais ce que le frère Urbain était devenu. Mais depuis re temps, il s’est écoulé un siècle entier ! ”
A ces mots, Urbain jeta un grand cri; car il avait compris. Il se laissa tomber à genoux sur la terre, et joignant les mains avec ferveur:
O mon Dieu! dit-il, vous avez voulu me prouver combien j'étais insensé en comparant les joies du monde à celles du ciel. Un siècle s'était écoulé pour moi, comme un seul jour, à entendre l'oiseau qui chante dans votre paradis. Je comprends maintenant les joïes éternelles ! O mon Dieu! soyez bon et pardonnez à votre indigne serviteur.”
Après avoir ainsi parlé, frère Urbain .étendit les bras," emhrassa la terre et mourut!
PT pc
RTS Ze =