LE TRAPPISTE MECANICIEN
(HISTORIQUE
Il ya peu de temps vivait à la Part-Dieu un père que le plus invincible penchant au sommeil consrariait étrangement. Avec la meilleure volonté du monde, il ne pouvait s’éveiller à onze heures pour aller chanter matines. Or la nature, qui l’avait fait si dormeur, l’avait fait aussi très bon mécanicien. Sans études, sans notion aucune des mathématiques, à force de réflexion et de travail, il avait fabriqué une horloge parfaite. Il ajouta d’abord à la sonnerie, en forme de réveille-matin, un rude carillon qui fut insuffisant ; et bientôt, aux angles et au milieu du petit chapiteau qui couronnait le cadran, un merle, un coq et un tambour. A l’heure dite, tout cela faisait tapage; pendant quelques nuits les cloches allèrent bien. Maïs au bout d’un certain temps, quand venaient onze heures, le carillon carillonnait, le merle siflait, le coq chantait, le tambour battait... et le moine ronflait !
Un autre se serait découragé. Le père, invoquant von génie, machina bien vite un serpent, qui, placé sous sa tête, venait toujours, à onze heures, lui siffler