‹ Les Récits du bon curé [microforme]Chapitre 35 sur 38 · UN TRAPPISTE MÉCANICIEN · texte numérisé non relu

UN TRAPPISTE MÉCANICIEN

dans l'oreille: ‘Il est temps, levez-vous! ” Le serpent fut plus habile que le merle, le coq, le tambour, le carillon, lesquels n’en faisaient pas moins d’ailleurs un petit tintamarre supplémentaire. C'était merveille ! Et le trappiste ne manquait jamais de se réveiller.

Hélas ! au milieu de sa joie.il fit une triste découverte. Il ne s'était cru que dormeur: il se reconnut paresseux. Tout éveillé qu’il était, il hésitait à quitter sa dure couchette ; il perdait bien une minute à savourer la douceur de se sentir au lit, refermant un œil et jouant à dormir. Cela demandait réforme. Le religieux se sentait coupable, et le inécanicien se sentait humilié; le diable avait trop l’air de narguer l’un et l’autre : il fallait reprendre le dessus.

Aussitôt une lourde planche est disposée au-dessus du lit, de telle sorte qu’elle tombe rudement sur les pieds du paresseux, dix secondes après l'avertissement charitable du serpent. Plus d’une fois le pauvre père se rendit au chœur tout boiteux et meurtri. Eh bien ! le croirait-on? Soit que le :::pent eût perdu son fausset, que la planche avec le temps fût devenue moins pesante, le vieillard, plus dormeur ; soit que ses jambes fussent endurcies, ou qu’il eût pris la crimanelle habitude de les retirer avant que le châtiment tombât, il ne tarda pas à sentir la nécessité d’une autre invention: tous les soirs, avant de se coucher, il se lie au bras une forte corde qui, à l'heure fatale, se t-nd sans crier gare, et le jette à bas du lit.

Il en était là. Dieu sait quels nouveaux projets

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