M I1ER\É
La demande vous est adressée dans les règles , mon cher Dermond; que décidez-vous?
M. DERMOND.
Sléphen ne sera nullement contrarié dans ses goûts. Si sa vocation rappelle dans le commerce , qu'il soit commerçant; mais il est facile de comprendre que l'ambition est le mobile de sa conduite. Restez , Hervé, un jour de plus, je vous en prie, et nous arrangerons cette affaire. En attendant, j'engage Stéphen à méditer l'histoire de M. Maugis.
M. HERVÉ
Je resterai, puisque vous le souhaitez, et je vous préviens que je me charge de placer Stéphen convenablement. »
La conversation n'alla pas plus loin ; on se sépara, car la nuit était déjà fort avancée. Avant de s'endormir, Stéphen fit part de tous ses projets à Emile. Sa joie était extrême; il se voyait déjà, dans l'avenir, riche comme Crésus. Ses rêves furent on ne peut plus riants. Il quitta son lit avant le lever de l'aurore, courut dans le jardin, où d'une voix sonore il se mit à proclamer ses grandes actions futures. 11 raisonna comme la laitière de la fable :
« Nous partons sur un vaisseau magnifique , se disait -il. Nous traversons majestueusement les flots de rOcéan ; nulle tempête ne nous arrête, et, joyeux, nous débarquons dans un port de l'Ame-
rique. Avec moi j'apporte une pacotille bien choisie , je la mets tout de suite en vente . elle est enlevée en un clin d"œil, et je réalise d'un seul coup de filet des bénéfices énormes. Sans perdre de temps, je fais des achats considérables de produits américains, je traverse de nouveau l'Océan, j'aborde au Havre , et , sans conteste , je vends ma cargaison quatre fois plus cher qu'elle ne m'a coûté. Me voici à la tête d'une somme passablement lourde. Je me repose un instant; j'embrasse ma famille , mes amis ; puis , reprenant ma course , je traverse une troisième fois les mers avec une grande quantité de caisses remplies d'objets de toute espèce. Les marchands d'Amérique me tendent leurs bras et leurs écus , je lâche mes caisses , et je me décide à fonder à Xew-York une maison colossale. De toutes paris mes relations s'étendent, je suis exact, probe, actif, tout me réussit. Ma fortune s'enfle et devient monstrueuse. Mes vaisseaux couvrent les mers , et ma famille et mes amis apprennent que je suis le premier négociant du Nouveau-Monde. Après dix années de travaux, je cède mes établissements pour trois ou quatre millions ; et, un beau matin , je mets à la voile pour le beau pays de France. J'ai toute ma fortune avec moi. Ohl que je vais être heureux I je coulerai le restant de ma vie au sein des plaisirs et de l'opulence . Qu'il me tarde d'arriver I quand me criera-t-on : Terre !.. terre !.. Courage, patience:
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nous ne sommes plus qu'à trois lieues du port. Ah! quelle joie! j'aperçois le rivage.,. »
Stéphen s'arrêta ici , une grosse voix l'interrompit en disant: « Vous apercevez le rivage, mais, hélas! une tempête s'élève tout à coup, le vaisseau est entraîné , lancé contre les rochers , il se brise et s'abîme dans les gouffres de la mer. Tout est perdu , et c'est à grand'peine que vous gagnez la rive, ne possédant plus rien. »
Ayant ainsi parlé , le jardinier de M. Dermond sortit d'un bosquet voisin , et se montra au jeune ambitieux étonné.
« Quoi! c'est vous, père François, qui m'interrompez si mal à propos ?
— Certainement ^ vous savez que les rêves ne finissent jamais bien-, ils s'arrêtent toujours au plus bel endroit.
— Pensez-vous que je rêve ?
— Absolument comme moi , lorsque dans ma jeunesse je quittai un jour ma bêche pour devenir soldat dans l'espérance d'attraper les épauîettes de général. Je n'attrapai qu'une balle et deux coups de sabre qui me renvoyèrent aux champs, et je les en remercie. Mon jeune maître, vous allez vite en besogne, etvousêteslerriblement avide de fortune.
— Mais c'est permis, je suppose.
— Sans doute il est permis de chercher à se faire un sort , mais il ne faut pas que l'ambition soit le mobile de nos actions. Amassons quelques
richesses pour soulager les malheureux et non pour satisfaire notre vanité et nos passions. Je sermonne un peu, M. Stéphen, parce que j'ai de l'expérience. Au reste , voici M. Dermond qui approche , il en sait plus que moi , il pourra vous en dire plus long. «
Stéphen, pour la première fois de sa vie, se sentit gêné par la présence de son père. Celui-ci s'en aperçut, et se hâta de rassurer son fils :
« Mon ami, lui dit-il, je ne te regarde plus comme un enfant que la crainte doit faire agir et parler. Je ne suis pour toi qu'un père affectueux qui vient t'entretenir un instant. Es^tu toujours dans la résolution de t' éloigner , de voyager au loin?
— Oui, mon père , si vous ne vous y opposez pas.
— Je te le répète , mon fils , je ne veux plus te commander. Si ta résolution est inébranlable , tu partiras. Mais, dis -moi, ne serait -il pas plus simple, puisque le commerce a pour toi tant de charmes, de l'exercer dans une ville voisine? là j'ai des amis chez lesquels tu apprendrais tous les détails du négoce avant de l'établir honorablement. Si au bout d'un certain temps tes projets de voyage étaient les mêmes, il te serait toujours facile de les mettre à exécution. »
Stéphen hésitait à répondre. xM. Dermond le comprit; il se hâta d'ajouter: « Mon fils, je lis dans ton cœur ; dès demain tu pourras partir avec M. Hervé, qui te confiera aux soins d'un de ses
anciens associés. Tout est arrêté, tu n'as plus que des adieux à nous adresser... »
Stéphen avait bon cœur^ il se précipita dans les bras de son père attristé : « Non , mon père , je ne vous quitte point , je ne veux pas vous affliger.
— Ne t'occupe pas de ma peine , mon enfant. Il est vrai que je ne puis penser à notre séparation , à ta longue absence , sans répandre des larmes... Mais c'est ta mère qu il faut consoler... » Et M. Dermond se rendit avec son fils dans la chambre de sa femme , qui n'apprit pas sans une profonde douleur la résolution de Stéphen. Elle accorda son consentement , mais après avoir versé bien des pleurs.
Le lendemain, Stéphen était en route avec M. Hervé. Il oublia peu à peu la tristesse des adieux; arrivé au Havre, il retrouva sa gaieté au milieu du mouvement de cette ville célèbre. Bientôt il eut lui-même ses occupations , et il s'en tira parfaitement. Son patron, M. Dénié, l'avait reçu avec plaisir , présenté par son ancien associé , et il se promettait d'en faire un excellent négociant. « Nous irons loin, jeune homme, lui disait-il, nous aurons besoin de persévérance, et il ne faudra pas nous effrayer ; une bonne position ne s'acquiert qu'avec beaucoup de mal, et la fortune, après laquelle nous courons, est changeante comme les flots qui nous porteront dans trois jours. »
Ces trois jours d'attente furent un siècle pour Stéphen. Knfin le moment du départ arriva. M. Hervé dit au jeune commis en lui adressant ses adieux : « Ne quittez jamais M. Dénié, quoi qu'il arrive. Avec lui lot ou tard vous arriverez à bon port. — Je vous le promets, » répondit Stéphen en serrant la main de l'ami de son père.
Un instant après, le vaisseau s'éloignait rapidement, laissant sur le rivage des parents affligés, des amis inquiets qui le suivirent de l'œil jusqu'à ce qu'il eût disparu à l'horizon.
Cinq mois plus tard, M. Dermond recevait de son fils une lettre venue du Mexique. Stéphen , après avoir parlé longuement de la traversée et d'une tempête qui avait failli perdre le vaisseau , disait à ses parents : « Nous sommes à Mexico depuis quelques jours, et mon patron mène à bonne fin de grandes affaires, ce qui me donne du courage et me confirme de plus en plus dans mes résolutions. M. Dénié est un homme fort doux ; il me traite comme son fils, et je m'efforce de me montrer reconnaissant de toutes ses bontés. Ma vie est ici fort active , mais je suis loin de m'en plaindre. Je me plaindrais plutôt de la chaleur, qui est excessive. Incessamment nous ferons une excursion dans les terres, et M. Dénié espère en retirer des bénéfices considérables. Je vous mettrai fidèlement au courant de tout ce qui nous arrivera d'heureux, ou de fâcheux dans cette longue promenade. >>
Stéphen continuait à parler de sa position et finissait sa lettre par des paroles toujours chères à un père et à une mère. Emile n'était pas oublié : son frère lui envoyait une description pittoresque du pays, et lui promettait de décrire ainsi les beautés des villes et des contrées qu il parcourrait. D'autres lettres suivirent la première à de courts intervalles. Pendant quatre ans, Stéphen ne cessa de répéter qu'il n'avait qu'à se louer de sa position- Au bout de ce temps , la correspondance se ralentit sensiblement. Un soir, après plusieurs mois d'attente , sa famille reçut enfin une de ses lettres : tout le monde se rapprocha et prêta une oreille attentive aux nouvelles du voyageur. Ces nouvelles furent tristes et causèrent une pénible impression, car Stéphen annonçait qu'il venait de quitter M. Dénié pour s'associer avec un jeune négociant.
(( Mon avenir chez M. Dénié, disait-il, ne pouvait devenir très-brillant. Un Français fort habile et déjà solidement assis m'offre, à des conditions avantageuses, d'unir mes efforts aux siens pour lutter ensemble contre les maisons les plus célèbres. J'ai accepté , mais j'attends, mon père , que vous ayez la bonté de m'accorder la somme d'argent que vous destiniez à mon établissement, afin que nous puissions tout de suite commencer nos opérations. »
M. Dermond hochait la tète en lisant cette
lettre : a Stcpheii est un ingrat , se dit-il; il quitte M. Dénié, je crains que Dieu ne Ten punisse. Hélas I il s'associe avec une personne qu'il connaît fort peu, mal lui en arrivera. Mais je ne puis lui refuser ce que je me propose de donner à chacun de mes enfants. StépiienI Stéphen I fils imprudent , te voilà égaré. »
La famille se relira triste , pensive , et Ton reconnaissait le lendemain que M™*" Dermond avait répandu bien des larmes durant la nuit.
Quarante mille francs furent envoyés à Stéphen. Quelques mois après , une pareille somme était versée entre les mains d'Emile , qui épousait une des fdles les plus vertueuses et les plus riches du pays. Le mariage fut célébré avec éclat ; mais Stéphen y manquait, et son absence vint répandre de l'amertume sur la joie de ce beau jour.
A partir de cette époque , on ne reçut plus de lettre du jeune négociant. Quelle était la cause de son silence ? Nous allons la faire connaître : il n'avait pas tardé à s'apercevoir que son associé ne l'avait engagé à se joindre à lui que pour rétablir ses affaires chancelantes. M. Durien, c'était le nom de cet associé, était joueur. Quand la présence et l'argent de Stéphen eurent affermi son commerce , il se livra de nouveau à la passion qui lui avait été si funeste, au jeu, où il perdit des sommes d'argent considérables. Stéphen eut alors à déplorer, mais tardivement, sa folle précipita-
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tioii ; il fit de vains efforts pour retenir son associé sur le bord de Tabîme -, ses prières , ses menaces , ne furent pas écoutées , et bientôt ses quarante mille francs furent dévorés et sa ruine consommée. Déçu ainsi dans ses belles espérances , il en conçut un violent chagrin ; et voulant que tout le monde l'ignorât , car il y croyait son amour-propre intéressé, il s'abstint d'écrire à ses amis et à sa famille. Dépouillé de tout son bien , il ne trouva de ressource pour vivre que dans une place de commis assez peu lucrative. Il y végéta un an , et n'en sortit que par une espèce de miracle.
Un jour qu'il éiait occupé à écrire dans son bureau , il fut accosté par une personne qui , lui frappant légèrement sur l'épaule , lui dit : « Que faites-vous là , Stéphen ? » Stéphen se retourna et rougit en voyant M. Dénié. L'honnête commerçant ne voulait point jouir du malheur de son ingrat compagnon 5 il l'interrogea fort amicalement et le pria de lui confier ses peines. Stéphen ne cacha rien et lui apprit de quelles infortunes il avait été frappé depuis son association.
M. Dénié fut touché de son récit, et lui prenant la main: « Mon ami, lui dit-il, je ne vous en veux nullement ; vous avez été imprudent , et vous avez été puni, c'était justice. Je vous avais tout prédit 5 mais oublions le passé, il est encore temps de réparer vos pertes, car vous êtes jeune. Revenez avec moi, ce n'est point ici votre place. »
Vous comprenez facilement avec quelle reconnaissance ces paroles généreuses furent accueillies par Sléphen : c'était lui rendre la vie que de l'arracher à robscurité où il gémissait. Plaise à Dieu qu'il profite de la leçon qu'il a reçue I
M. Dénié connaissait parfaitement l'activité, les talents de son jeune compagnon ; il les employa utilement, et Stéphen, avouons-le, se conduisit de la manière la plus louable, ne négligeant rien de tout ce qui pouvait faire oublier ses premiers procédés. Il y réussit de telle sorte que M. Dénié le nomma son associé, sans exiger de lui d'autre apport que le zèle dont il avait donné des preuves jusqu'ici. Notre héros fut au comble de la joie ; il ne douta plus que sa fortune ne fut promptement établie: en effet, au bout de huit ans, il se vit maître de richesses considérables.
Vers ce temps, le pays qu'il habitait fut menacé de la guerre ; une agitation sourde se manifesta de toutes parts ; des rumeurs sinistres circulèrent en tous sens, et l'alarme fut bientôt générale. Les négociants prudents et sages, prévoyant des malheurs peu éloignés , se hâtèrent de terminer leurs affaires et de vendre leurs marchandises; les étrangers, surtout, furent les plus pressés à vider leurs magasins pour retourner chez eux. M. Dénié, non moins prudent que les autres, jugea qu'il était temps d'abandonner le commerce et de rentrer en France. Il en parla à
son associé, et lui dit un soir en se promenant avec lui dans la campagne :
« Vous n'ignorez pas, Sléplien, les maux qui nous menacent 5 nous agirons sagement en prenant le plus tôt possible la roule de notre patrie. Nous avons lim et l'autre une assez belle fortune , je crois que cela doit nous suffire. Chacun prend ses mesures en ce moment , ne soyons pas les derniers à nous mettre à Tabri de Forage qui gronde au-dessus de nos têîes.
— On s'effraie prématurément , répondit Stéphen, la guerre n'aura pas lieu, et quand bien même elle éclaterait, nous en souffririons peu, parce qu'elle ne sera pas de longue durée ; je vous avouerai même que , loin de m'effrayer , elle me paraît devoir nous servir utilement. Les timides s'éloignent , nous restons les maîtres du commerce ; une fois la paix rétablie , nous vendrons au poids de l'or ce que la peur nous aura cédé presque pour rien. J'ai fait de grands calculs là-dessus, et, si je ne me trompe, dans deux ans nous serons plus que millionnaires.
— Mon ami , je vous le répète , ce que j'ai me suffît et au delà; jai assez couru de chances en ma vie, je m'arrête. Je vous engage à m'imiter: ne soyez pas trop ambitieux ; si vous voulez réussir, ne spéculez plus ici, revenez dans notre patrie; là vous retrouverez un pays tranquille, où votre argent pourra fructifier; dans celte ville.
VOUS ne pouvez que le perdre. Je suis plus âgé que vous, Stéphen ; j"ai quelque expérience, écoutezmoi , vous ne vous en repentirez pas.
— Je ne puis goûter vos conseils , M. Dénié , quoiqu'ils soient désintéressés et quoique ce soient les conseils de mon bienfaiteur , de mon ami le plus précieux.
— Je suis désolé de vous voir dans de semblables dispositions , mais vous êtes votre maître : restez, si tel est votre bon plaisir, moi je pars dans cinq jours.
— Je vous rejoindrai en France dans peu de temps. Vous verrez ma famille : elle sait déjà l'heureux changement qui , grâce à vous , s'est opéré dans ma position ^ vous lui remettrez mes lettres, et lui direz que je serai probablement dans son sein avant deux ans.
— Puisse le Ciel vous entendre , mon ami I mais, hélas I bien rarement le téméraire et l'ambitieux sont heureux jusqu'à la fin. . . »>
M. Dénié quitta l'Amérique cinq jours après cette conversation , comme il l'avait déclaré. Stéphen resta seul sur le sol étranger , Hvré à luimême et décidé à tenter un de ces coups hardis qui jettent un homme dans la misère ou lui apportent d'immenses richesses. 11 acheta une grande partie des marchandises que les négociants etTrayés se hâtaient de vendre à bas prix, emmagasina le tout et attendit avec calme le résultat de la lutte
que le public redoutait. La guerre éclata enfin avec furie , l'anxiété fut générale ; chacun tremblait et redoutait une défaite, car les préparatifs avaient été mal dirigés , et Tarmée était commandée par un général qui inspirait peu de confiance. Sléphen comptait cependant sur le succès des troupes ; mais elles furent battues dans leur premier engagement avec les ennemis. Il commença à s'apercevoir qu'il avait pu faire une faute en ne suivant pas les avis de M. Dénié; il conçut des craintes ; mais ses inquiétudes redoublèrent cruellement lorsqu'il apprit que les vainqueurs s'avançaient à grandes journées contre la ville où il résidait. Le peu de négociants qui n'avaient pas encore fui s'éloignèrent précipitamment ; Stéphen ne put suivre leur exemple, car toute sa fortune consistait dans ses marchandises , et les abandonner, c'était s'exposer à tout perdre. Il resta donc livré à toutes les agitations de l'ambitieux que menace une ruine prochaine. Redoutant plus que les autres la prise de la ville , il aida puissamment à une défense opiniâtre , et se m.it lui-même à la tête d'un petit corps de citoyens décidés à se battre jusqu'à la dernière extrémité. Cependant les ennemis approchaient , bientôt ils parurent au pied des murs. L'assaut ne se fit pas longtemps attendre , mais il fut repoussé vaillamment. Les assiégeants ne se découragèrent pas, ils revinrent à la charge une seconde fois, puis une troisième;
enfin ils triomphèrent dans une quatrième attaque , où la plupart des assiégés perdirent la vie en combattant en désespérés. Irrités de la résistance qu'on leur avait opposée , les vainqueurs livrèrent une partie de la ville au pillage et aux flammes , et tous les magasins de Stéphen furent entièrement consumés. >»
M. de Nanteuil s'arrêta à cet endroit de son récit . au grand regret de ses auditeurs , et remit au dimanche suivant la suite de l'histoire de Stéphen.