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CHAPITRE III

Première phase.

Si nous donnons à la première phase de la réclusion la qualification d'arbitraire et spontanée , c'est uniquement par opposition avec les phases suivantes où de sages conditions sont mises à l'entrée en réclusion; mais non point, on l'a compris sans doute, par opposition à la réclusion forcée que la justice humaine imposa parfois et sous la même forme à certains criminels. Cependant je mentionnerai en passant plusieurs reclus que la persécution fit martyrs, comme saint Pothin, dont on montre encore à Lyon, dans une crypte souterraine, l'étroite logette ; comme le prêtre Eusèbe qui', sous l'empereur Constance,, fut enfermé dans une

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petite chambre, où il mourut au bout de six mois ; comme les sept frères Dormants, qui, sous la persécution de Dèce, en l'an 253, furent murés dans une caverne, où ils s'étaient réfugiés, et dont les corps furent, après cent soixante-dix-sept ans, retrouvés frais et dans l'attitude paisible du sommeil.

On voit aussi dans notre histoire de France la réclusion imposée aux criminels , sous la forme religieuse. Témoin cette fameuse Renée de Vendômois qui, ayant été convaincue de vol, d'adultère et d'assassinat sur la personne de son mari, Marguerite de Saint -Barthélémy, seigneur de Souldai, fut pour cela condamnée à mort. En considération du duc d'Orléans, le roi commua sa peine. Entre autres punitions , le Parlement de Paris, la condamna, l'année 1485, à demeurer perpétuellement recluse et murée au cimetière des Innocents, au milieu des tombes et des charniers sombres. Aujourd'hui l'établissement pénitentiaire de Church- Hill, en Pensylvanie, ressemble presqu'en tout à la réclusion religieuse (1).

(1) Voir le rapport de M. Béranger sur le système pénitentiaire.

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