CHAPITRE
Vint ensuite saint Léonien, Hongrois d'origine. Il l'ut amené dans les Gaules par les Barbares. Après avoir vécu quarante ans en réclusion , à Autun d'abord , puis à Vienne, il fonda , vers l'an 475, deux monastères de religieuses dans cette dernière ville , l'un de Saint-André , l'autre de Saint-Pierre, hors les murs, qu'il gouvernait du fond de sa cellule (1). On pouvait lui parler, mais il ne se laissait voir à personne. Il y mourut le 12 du mois de novembre; sa fête du moins est célébrée ce jour-là.
Louis, fils de Charles VII, n'étant encore que dauphin , fit rebâtir son tombeau qui était fréquenté depuis sa mort. On lit dans Chorrier (2), l'inscription qu'on grava sur sa tombe ; elle dit en termes formels , que le saint vécut à Vienne , reclus dans l'enceinte d'une cellule particulière. Nous verrons sous les phases postérieures , la réclusion continuée dans cette ville de foi avec une persévérance , qui la dispense d'envier aux autres villes les reclus qu'elles ont produits.
Quant à notre illustre Eglise de Lyon, il serait facile de rattacher à sa couronne déjà si
(1) Chevert. Histoire de l'Eglise de Vienne, page 53.
(2) Antiquités de la ville de Vienne, liv. III, page 287.
52 RECLUSERIES.
brillante , la gloire de cette institution. S'il en faut croire au Père de Colonia, qui pourtant ne donne aucune preuve de ce fait, « il est fort vraisemblable que saint Badulphe, ou saint Badoul , qui jeta les premiers fondements de l'abbaye d'Ainay, a été un des plus anciens, et peut-être le premier de nos reclus. » Il vivait au commencement du ive siècle (1).
Mais la tradition la plus constante de l'Eglise de Lyon, nous apprend que le premier fondateur des recluseries fut le grand Eucher, évêque de Lugdunum, la gloire de l'Eglise, et le plus grand homme de son temps.
Quelque connue que soit la vie du saint docteur, nous ne pouvons nous dispenser d'en donner ici un court résumé.
Eucher passa les premières années de sa vie dans la Gaule Narbonnaise (la Provence), où il était né d'une famille patricienne. La beauté de son génie, l'étendue et la variété de ses connaissances, lui attirèrent l'admiration de tous les orateurs d'alors, et l'estime de tout ce qu'il y avait de grands hommes dans l'empire. Il eut de Galla, son épouse, deux fils,
(1) IIist.HU.de Lyon.