CHAPITRE V
La règle s'accommodait du reste à la variété des climats, et permettait dans les pays plus froids des vêtements plus nombreux et plus chauds.
Au chapitre LIe, on donne au reclus des règles de propreté. Il y aura dans chaque cellule une baignoire , et le prêtre pourra se baigner quand il le jugera convenable, à cause de la pureté que demande la célébration des saints mystères. Le reclus ne laissera pas croître sa barbe et ses cheveux , au delà de quarante jours.
Au chapitre XLVIIIe, on prévient le cas de maladie grave. Si le reclus tombe assez gravement malade pour ne pouvoir plus se servir lui-même, on brisera le sceau de la clôture, et les religieux du monastère voisin le serviront dans sa cellule, dont lui-même ne pourra sortir.
Tels sont les articles principaux de la règle de Grimlaïc. Il n'est pas besoin de réflexion pour en comprendre la sagesse et la modération. Elle ne renferme rien de si rude qui ne soit encore aujourd'hui pratiqué chez les Bénédictins et chez les Chartreux. Ces derniers n'ont pas même admis la modification consa-
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crée par la dispense de Grimlaïc en faveur des malades, à qui l'on permet l'usage de la viande. Seulement la vie du reclus était plus isolée que la leur. En définitive, le seul point vraiment caractéristique de la réclusion, sous la règle de Grimlaïc , c'est l'isolement matériel ; mais comparativement aux recluseries des deux premières phases, on peut dire que la cellule a grandi de toute l'expérience des siècles.
Il n'est pas possible de constater le succès de cette règle ; nous manquons de documents précis à cet égard. Cependant la règle de saint Benoît, étant alors universellement répandue dans les monastères et celle de Grimlaïc n'en étant qu'un extrait, elle ne dut éprouver aucune opposition. En conséquence , on peut supposer, on peut même établir comme un fait, qu'elle fut universellement reçue dans les recluseries monastiques de l'Occident, où aucun caractère d'institution particulière, d'institution à soi, n'avait encore été donné aux recluseries. Très-probablement celles dites épiscopales lui firent un accueil aussi bienveillant, car le reclus, prenant par le fait même de sa vocation nouvelle l'attitude et les obligations monastiques, il était naturel qu'en l'absence de rè-