‹ Les recluseriesChapitre 41 sur 112 · CHAPITRE V. 1U · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 1U

labeurs de l'intelligence. On dirait que la prière occupe presque tous les moments du reclus. Toutefois , il n'est pas douteux que l'un et l'autre n'eussent leur part dans cette silencieuse vie.

Comme celle de Grimlaïc, la règle des Gamaldules veut qu'il y ait dans la recluserie un oratoire et un petit jardin. Nul article ne dit la forme de cette recluserie ; toutefois elle n'était point murée, mais simplement fermée, et du reste assez semblable à celle que j'ai décrite quelques pages plus haut. On peut en juger par les cellules qui subsistent encore à Frascati, dans leur maison de Monte Corona; c'est le prieur actuel qui a bien voulu m'envoyer, par l'intermédiaire de l'un de mes amis, le texte de la règle que je viens de citer : « J'ai vu, m'écrivait cet ami, le 3 juin 1837, la cellule d'un reclus, mardi passé; elle contient un lit, une chaise , une table, une petite cheminée, et quelques images pieuses. Cette cellule est grande de dix pieds carrés à peu près ; au devant il y a un jardin d'une grandeur à peu près double de la cellule. Un religieux apportait au reclus sa nourriture , il la lui faisait passer par une espèce d'armoire extérieure qui communiquait à Fin-

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térieur au moyen d'un guichet. En cas de maladie , un médecin était appelé et, s'il le jugeait convenable, le reclus était porté à l'infirmerie. » C'était encore là une importante modification à la règle de Grimlaïc. Aussi bien verrons-nous les derniers reclus chez les religieux Camaldules ; ce qui prouve également la sagesse de leurs constitutions et la persévérance de leur premier esprit. Il ne nous reste aucun monument de ce genre, provenant des recluseries épiscopales.

Suivant une tradition fort respectable , nous avons dit que saint Eucher de Lyon avait donné une règle particulière à nos reclus ; malheureusement, il ne nous est rien resté de cette règle. Mes recherches n'ont pas été plus heureuses pour ceux de Paris et des autres villes, où la réclusion déployait ses religieuses et mélancoliques cellules. Seulement , je vous l'ai annoncé , j'ai trouvé quelques pièces du plus haut intérêt par le nom de leurs auteurs, et qui, sans avoir le cachet officiel d'un règlement d'autorité, ne peuvent manquer d'exciter l'attention des esprits sérieux.

La première est une courte pièce de vers «l'un grand saint, d'un grand religieux, d'un

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