CHAPITRE v
de lait ou bien de poissons , auxquels on peut ajouter des fruits ou des herbes crues.
Chapitre XXe, le vêtement d'hiver sera de peau grossière, le vêtement d'été une tunique; en tout temps, le voile noir.
Chapitre XXIVe, on ne doit pas orner sa cellule , quelles que soient la naissance ou la fortune de celles qui l'habitent.
Les autres chapitres sont des conseils qui regardent la chasteté, l'humilité, la charité, l'esprit de recueillement; les derniers renferment des méditations sur la vie de Jésus-Christ et sur les fins de l'homme.
L'auteur ajoute que c'est là une règle donnée à des infirmes, et il laisse à de plus fortes âmes la liberté de mener une vie plus austère. Il termine par ces deux vers ultrà-prosaïques :
Dulcia sunt aniraae solatia quae tibi mando ; Xam prosunt minime nisi serves hœc opérande
Cette règle porte évidemment le cachet d'une époque de langueur et de décadence dans la recluserie. Celle de Grimlaïc est empreinte de la ferveur primitive. C'est l'esprit de la solitude qui l'inspire, c'est l'ange du désert qui
120 RECLUSERIES.
Ta dictée. Celle du bienheureux OElred vient d'une pensée réformatrice. Aussi les tableaux sont-ils plus chargés, les traits plus aigus, les réflexions plus âpres. Et quand tombent de sa bouche des maximes plus larges, elles sont accompagnées de gémissements; on sent à chaque ligne que , si l'auteur fait quelques concessions à la faiblesse de son époque, ses souvenirs le ramènent vers un âge de plus austère vigueur. Cette règle ne brille guère par la méthode. Sous le rapport littéraire pourtant, elle me semble préférable à celle de Grimlaïc.
Fut-elle également pratiquée dans les recluseries de femmes , comme l'autre avait été reçue dans les recluseries d'hommes? Le fait est trèsdouteux. Je ne vois pas qu'en France l'œuvre du saint Anglais soit souvent citée, dans les auteurs ascétiques. Si je lui ai donné une si grande place dans mon travail, c'est qu'elle est dans son genre l'unique monument destiné spéciament aux femmes reluses.