‹ Les recluseriesChapitre 56 sur 112 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

àer, se mit, en qualité de berger, au service d'une dame dans le village de Sibourg, en llainault, à deux lieues de Valenciennes. Sa vertu ne tarda point d'appeler sur lui l'attention du peuple : Dragon prend la fuite et va visiter les lieux célèbres par la dévotion des fidèles, et la ville de Rome en particulier, où il se rendit jusqu'à neuf fois. De retour à Sibourg, il s'enferma dans une recluserie, près de l'église, où il vécut quarante-cinq ans , ne buvant que de l'eau et ne mangeant que du pain d'orge. Il mourut à quatre-vingt-quatre ans, et le 16 avril 1186.

Au vme siècle, florissait dans le Hainault sainte Heltrude , vierge et recluse sous le règne de Pépin; elle mourut sous Charlemagne, en 790. Elle est honorée à Lessies, le 27 septembre.

A Hug, dans le pays de Liège, en 1228 et le 13 janvier, passa au Seigneur la vénérable Yvette ou Jutte, aussi recluse, âgée de soixantedix ans. Sa vie a été fort élégamment écrite par un chanoine de l'Ordre des Prémontrés, Hugues de Fareffiensis, son contemporain et peut-être son confident le plus intime. Voici en quels termes il raconte la cérémonie de sa

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réclusion : « Colombe du Christ, véritable et non-seulement en apparence, elle se fait enfermer clans la caverne de la muraille et se cache dans le trou de la pierre. Au jour de sa réclusion, elle tressaille de bonheur comme au jour de ses noces, tout entière à l'ivresse de son cœur, comme si elle s'élançait dans les airs au devant de Jésus - Christ , son divin époux. Dès cette heure, elle ceint dans toute la joie de son âme ses reins de force, pour courir la voie étroite de la pénitence (1). »

Au xie siècle, un saint Irlandais de la plus illustre race , nommé Guthagon , de sang royal , passa en France, et vint, avec le bienheureux Gillon qui s'était attaché à lui, au village d'Ostkerk , situé sur le canal de Bruges , et tous deux y vécurent et moururent en reclus. De nombreux miracles s'opérèrent sur la tombe de Guthagon. On fit, en 1059, la translation de ses reliques. Cette cérémonie fut renouvelée

(1) Se facit includi columba Christi jam reipsa et non quasi specie tenus fieri incipiens, in foramine petrae et in cavernà maceriœ. Exultavit siquidem eo die quasi in die desponsationis, quasi in die laetitiee cordis sui ac si Christo obviara ferretur in aéra, cœpitque cum laetitia cordis sui accingere lumbos suos fortiludine ad currendam viam aimuslam.

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