CHAPITRE VI. Iti.'i
Fouinet, nouvelle dont le caractère dominant est l'exagération comme dans Victor Hugo, je trouve l'histoire d'une noble recluse de Saint- Jean-en-Grève , nommée Jehanne de Basseville. Son mari, s'étant révolté contre Charles VI, fut condamné à mort par contumace. Dans sa douleur, Jeanne entra en réclusion , et y resta dix ans. La logette qu'elle occupa avait un jour ouvert sur la partie de l'église la plus triste et la plus douloureuse, celle où les condamnés à la peine capitale venaient dire leur dernière prière et recevoir, avant l'exécution de leur sentence, la dernière absolution du prêtre. Un jour, elle vit entrer et elle en vit sortir le sire de Basseville , que l'on conduisait à l'échafaud. Qu'on juge de l'horreur de sa position, de ses cris, de son désespoir. Une heure après l'horrible scène, le sire de Basseville, gracié par le roi, courait avec sa fille , Alice , vers la logette , à Saint-
Jean-en-Grève Hélas! Jeanne venait d'y
mourir de douleur. Mais sa prière avait inspiré la clémence au ciel, et le ciel la miséricorde au roi.