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CHAPITRE VII

Cérémonies, ressources de la réclusion et vénération pour les reclus.

C'était un jour solennel et qui ne se revotait jamais des couleurs lugubres, que prête à la profession religieuse une philosophie ridiculement compatissante. Le soleil ne se levait, ce jour-là, ni plus brillant ni plus noir; il y avait moins de larmes dans le sacrifice de la réclusion, que dans bon nombre de mariages. Au reste, les deux tiers de la société entraient alors en communauté et faisaient partie de la vie monastique. Quoi donc de si révoltant dans l'acte de la réclusion ? La règle de Grimlaïc fixe tous les détails de la cérémonie. Ecoutez : « Le religieux, étant à la chapelle, en présence

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de l'évêque et du clergé, promettra à haute voix la stabilité , la conversion de ses mœurs , devant Dieu et les saints; après cet engagement solennel, il ira se prosterner aux pieds de l'évêque et de tous les frères qui assisteront à la cérémonie, les conjurant avec larmes de prier pour lui. Alors tous les religieux se mettront en prière et y resteront tout le temps que demandera leur dévotion ; puis , au moment où devra se faire l'entrée dans la cellule, moment fixé par l'évêque ou par l'abbé, on sonnera toutes les cloches , afin que ceux qui les entendront se mettent à prier pour le nouveau reclus. Si ce dernier possède encore quelques biens , il en fera , avant de se reclure, la donation aux pauvres ou bien au monastère dont il sort; il aura les vêtements qu'il doit conserver dans sa vie nouvelle ; et une fois introduit dans sa recluserie , l'évêque y apposera, ou y fera apposer son sceau; après cela, le reclus n'a plus de commerce à avoir qu'avec le ciel, la terre n'existe plus pour lui. »

Je trouve aussi l'ensemble de cette cérémonie, telle qu'elle se pratiquait à Lyon, dans un vieux rituel de l'église de Saint-Paul, dont M. Coste et le libraire Suifet possèdent chacun

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un exemplaire. Il est intitulé : Extrait d'un livre, en lettres gothiques , lequel est attaché au reuestoir, ou sacristie, de Péglise collégiale de Saint-Paul, copié en 1807,, m-4° (1). Dans la deuxième partie, au folio 64, on trouve un paragraphe qui commence par ces mots : De mclusis SSam Bartholomœi et Epipodii et quomodo reddi debent et poni in suis incluseriis.

« Toutes les fois , y est-il dit , qu'il s'agira de reclure un pénitent, on choisira le dimanche, et la cérémonie se fera dans l'ordre qui suit : Le reclus devra être arrivé dans le chœur au commencement de l'aspersion; à la droite, audessous du chamarier, vêtu de sa tunique, de son manteau et de son capuchon, et accompagné d'un autre frère qui devra être reclus près de lui. Pendant l'eau bénite , il se tiendra debout ; à la fin de l'aspersion , lorsque la procession rentre au chœur, le reclus la suivra jusqu'à l'entrée du sanctuaire; de là, le second

(1) Ce rituel est divisé en deux parties; la première partie est divisée elle-même en deux sections , l'une pour les dimanches et fêtes de Notre Seigneur, l'autre pour les fêtes des saints. La seconde est un coutumier de l'église avec ce titre : Statutû et consuetudines que observantur in eedesia sancliPauli, Lugduni. Ce rituel devrait être acheté par l'église paroissiale de Saint- Paul. — Ce vœu est réalisé.

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maître de chœur le conduira au pied du maîtreautel, et le reclus y demeurera agenouillé sur le marche-pied. Son compagnon se tiendra au côté gauche de l'autel jusqu'à la fin de l'oraison Exaudi , après quoi l'officiant , le diacre , le céroféraire étant allés quitter leurs ornements dans la salle du chapitre , le sous-diacre restant seul Deux prêtres entonnent les litanies , et après l'invocation de la sainte Vierge , toute la procession part à la suite de la croix portée par le sous-diacre , et va à la reciuserie. Le reclus et son compagnon marchent à la suite de la procession; alors on sonne la cloche avec le carillon des fêtes , et cela aux frais du reclus; arrivé à la reciuserie , et la litanie achevée , le célébrant fera par lui-même ou par le ministère d'un autre l'allocution spirituelle , il rappellera brièvement au reclus l'exemple du bienheureux Eucher et les règlements qui doivent fixer les exercices de sa vie nouvelle ; alors on enfermera le reclus dans la cellule , et la procession reviendra en silence à l'église où l'on chantera tierce et le reste de l'office. »

On remarquera le silence, commandé par la règle, au retour de l'imposante cérémonie. Le

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