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PROLOGUE

Un soir de mai de l'année mil huit cent trente-sept, nous visitions, mon ami Péricaud

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et moi, la ville de Crémieu , et conduits par un aimable vieillard chez qui nous avions reçu la plus touchante et la plus honorable hospitalité , nous parcourions les rues petites, étroites et basses du vieux Stremiacum. Nous nous promenâmes ensuite à travers la cité moderne, et bientôt nous gravissions le mont Saint-Hyppolite dont les sommets sont recouverts par des ruines monastiques et féodales. Nous fîmes halte à mi-coteau sur la plate-forme du rocher, tout au pied d'une tour qui s'élance de ce lieu comme un phare arboré sur un écueil. De là, plongeant notre regard sur la vallée, nous embrassâmes le curieux point de vue qui se dessinait devant nous. Quelque resserré qu'en soit l'horizon, pour l'ami des vieux souvenirs , il est plein d'émotions et de contrastes.

En face, à la même élévation que le rocher qui nous servait de Belvédère , les ruines pittoresques du féodal manoir des seigneurs de la Tour-du-Pin et les débris croulants du rempart , dont les murs çà et là brisés , entr'ouverts par le passage des routes , interrompus, ou démolis par la main du cultivateur enlacent la ville neuve et ce qui reste de l'ancienne, grimpant légèrement le long de Saint -Lau-

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