PHOTOGRAPHIE DES PHÉNOMÈNES MÉTÉOROLOGIQUES
La photographie est très propre à fixer certains phénomènes météorologiques ; elle permet, entre autres, de conserver la trace de ceux qui ont lieu au sein des nuages, où la lumière est ordinairement très vive. C'est ainsi que l'on peut photographier l'arcen-ciel, avec une pose très courte. Des clichés de nuages peuvent être obtenus également, avec des poses qui correspondent à la limite extrême des obturateurs rapides. On a soin, d'ailleurs, de diaphragmer le plus possible, afin de pouvoir donner la pose d'une façon plus exacte. Il va sans dire qu'il est impossible d'avoir à la fois et le ciel et le paysage, le premier étant infailliblement voilé si l'on donne la pose exacte pour le dernier. On peut obtenir des ciels au moment du lever et du coucher du soleil, la lumière jaune ou rougeâtre qu'il émet à ce moment étant assez peu photogénique pour que le soleil puisse, sans inconvénient, être pris sur la plaque. Il faut, naturellement, choisir le moment oii le soleil est très bas à l'horizon, et poser très peu : on s'exposerait, autrement, à obtenir des images complètement grises, ou à avoir une inversion de l'image du Soleil, qui viendrait en noir sur l'épreuve.
De l'observatoire du Pic du Midi, M. Janssen a photographié divers phénomènes météorologiques, et en particulier des mers de nuages, dans lesquelles les sommets les plus élevés de la chaîne pyrénéenne s'élèvent comme autant d'îlots.
Le halo solaire, le halo lunaire, les trombes, ont été photographiés ; enfin, les photographies d'éclairs ont révélé des détails intéressants sur leur constitution ; nous reviendrons, du reste, sur ce sujet, à propos des photographies d'étincelles.
La série des phénomènes « photographiables » est loin d'être épuisée, et le champ reste ouvert aux amateurs. Pour n'en citer que deux exemples, nous rappellerons que VElectrician, de Londres, remarquant avec raison combien était grand le nombre des photographes qui sont arrivés à faire des éclairs sur la plaque