PHOTOGRAPHIE PAR L'ÉLECTRICITÉ
Les étincelles électriques, qui forment des sources lumineuses, à haute température, et par conséquent très photogéniques, peu-
Fig. 28. — Photograjjhie d'élincelle électrigue.
vent être photographiées facilement. Elles sont même suffisamment lumineuses pour qu'on ait pu les fixer sur le collodion sec, en faisant partir simplement l'étincelle sur la plaque.
En 1875 M. Daft a réussi à obtenir, en Amérique, des photographies d'étincelles, qui montrent nettement leur constitution.
M. Welten a réussi également à photographier des étincelles électriques à la chambre noire. En déplaçant la chambre après chaque pose, il en obtenait plusieurs sur la même plaque.
M. Ducretet, MM. Van Melckebecke et F. Plucker ont photographié des étincelles en les faisant partir directement sur la couche de gélatino-bromure.
Ce procédé, le plus simple de tous, ne nécessite aucun appa-
PHOTOGRAPHIE DES ÉTINCELLES ÉLECTRIQUES, etc. 57
reil spécial. Il suffit de placer la plaque sensible directement sous l'excitateur, et en contact avec lui. La couche de gélatino-bromure exerce évidemment son influence sur la forme de l'élincelle, qui diffère de ce qu'elle serait dans l'air; mais le procédé n'en conserve pas moins son intérêt.
M. Ducretet, en vue de photographier des effluves, avait disposé un condensateur dont l'isolant était une plaque sensible, et remarqué que tous les détails de la surface des armatures étaient visibles sur l'épreuve.^ M. Boudet de /Paris, remarquant à son
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tour lejnème fait, Ta mis à protit pour photographier des objets en relief, par l'électricité. La façon d'opérer est très simple. La médaille ou la pièce à photographier est placée sur la surface sensible. De l'autre côté du verre, on dispose une armature formée d'un disque métallique. On peut également placer dos à dos deux plaques sensibles, et appliquer sur chacune des faces extérieures un objet à photographier. Il suffit de charger le condensateur ainsi formé, soit avec une machine électrostatique, soit avec une bobine de Ruhmkorff, et de développer ensuite, pour voir apparaître tous les détails des surfaces en contact sur la plaque. La figure 29 montre une épreuve ainsi obtenue. M. Boudet
de Paris, a fait remarquer que le cliché était beaucoup plus net lorsque, au lieu de charger simplement le condensateur, on le déchargeait ensuite en fermant l'excitateur de la machine.
La photographie des éclairs n'est qu'un cas particulier de celle des étincelles électriques. Les éclairs se photographient facilement à la chambre noire. On opère la nuit; la mise au point étant faite d'avance sur un objet très éloigné, on braque la chambre dans la direction des éclairs, et l'on ouvre l'objectif soit pendant toute la durée de l'orage, soit pendant l'intervalle de quelques éclairs seulement.
M. Robert Haensel, M. 0. Leville, M. Desquesnes, ont ainsi obtenu de fort belles épreuves, épreuves qui ont souvent révélé des détails invisibles à l'œil pendant le court instant que dure l'éclair. Il n'est pas rare, par exemple, que la photographie laisse voir de nombreuses ramifications là où l'œil n'avait aperçu qu'un trait unique.
PHOTÛGIL^PHIE DES FANTOMES MAGNETIQUES