EXAGERATION DE LA PERSPECTIVE
paraîlra deux fois plus grand que le pêcheur, placé 3 mèlres plus loin.
Fu
Cet elïet inlervicnt souvent d'une façon fâcheuse dans certaines compositions : les photographes qui ne disposent que d'un atelier
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court, et qui par conséquent doivent employer des objectifs à court foyer, évitent les grandes différences de plans, que la photographie exagère toujours : les mains du modèle, placées en avant, apparaissent quelquefois avec des dimensions peu communes ; dans un autre cas, une personne assise dans un groupe,
Fig. 78.
au premier }»lan, et les pieds en avant, se trouvera avantagée d'une façon analogue. Tel encore ce cheval (fig. 78), dont la tète se trouve reproduite à une échelle démesurée.
Ces exemples nous suffiront pour mettre en garde nos lecleui'S contre l'exagération de laper.spective... ou pour en tirer parti si bon leur semlde.
LES IMAGES MULTIPLES
LES IMAGES MULTIPLES
Nous comprendrons sous ce litre une série de récréations qui permettent d'ojjtenir, au moyen d'artifices très simples, des épreuves où le même suj(M figure ]>lusieurs fois.
Supposons, par exemple, que nous placions notre modèle assis devant un fond noir mat, le corps incliné vers la droite, et que nous le photographiions dans cette position. Seule, la partie de la plaque oh se forme l'image du modèle, sera impressionnée, de sorte que nous pourrons, en invitant le sujet à s'incliner à gauche, le photographier de nouveau dans cette attitude. La partie inférieure du corps n'ayant pas bougé, l'apparence sera celle de la figure 79. Le résultat sera plus drôle si le modèle prend, dans l'une des poses, une figure souriante, et fait une
LES RÉGRÉATIONS PHOTOGRAPHIQUES
grimace au momoiil de la dciixiomo impression. Au lieu de l)OUiier le coriis. on |»eul simplement doubler ou tripler les
jambes et les bras. 11 faut évilei- tout accessoire de pose derrière le modèle; ces accessoires se verraient sur Tépi-euve à travers le corps; par exempb'. si dans la fig'ure ci-dessus on avait emplové une chaise à dossiei-, il est évident qu'une |)artie du «lossier se
LES IMAGES MULTIPLES
serait v,ue dans chaque cas, et se superposerait à l'autre image. C'est au moyen d'un stratagème analogue qu'ont été obtenues les épreuves dont nous donnons ci-dessous (fig. 80 et 81, p. 118 et 119) des reproduclions par la gravure sur bois. Ces deux enfants (fig. 80, p. 118) sont en réalité le même sujet qui a posé deux fois devant un fond sombre. De même les trois person-
Fiiï. 8L
nag'es de la figure 81 sont, en réalité, le même modèle qui s'est déplacé après chaque pose. On pourrait varier à l'infini les compositions de ce genre. Un habile amateur, M. Blanchon, à qui nous avons emprunté les deux épreuves ci-dessus, nous en a communiqué toute une série : duellistes, joueurs d'échecs, etc.
Du reste, la seule difficulté qu'on éprouve pour obtenir ces photog-raphies, est d'avoir un éclairag-e symétrique : autrement, malgré la ressemblance forcée des deux ou trois sujets, on les reconnaît moins facilement, et le résultat est moins frappant.
Nous reproduisons encore (fig. 82) une photographie obtenue d'une façon analogue : le décapité vivant. Le modèle ayant posé la première fois devant un fond noir, et en tenant à la main un plateau vide, s'est ensuite déplacé pour la seconde pose, de telle
sorte que la tèle vienne se placer exactement sur le plateau. Ce résultat s'obtient au moyen d'un repérage fait sur la glace dépolie. Un voile noir masque tout le reste du corps pendant la seconde pose. M. Cordier a obtenu également l'illusion d'une tête posée sur une table au moyen du procédé que voici :
Deux planches, ayant la même dimension qu'une table quelconque, sont découpées chacune d'une encoche demi-circulaire,
LES IMAGES MULTIPLES
de façon qu'en les appliquant l'une contre l'autre, elles laissent une ouverture ayant le diamètre du cou du modèle. Celui-ci est alors muni de cette cangue d'un nouveau genre, dont les deux parties sont réunies par des crochets. On prend une photographie de la tète, puis on photographie une table, à la même grandeur que la cangue.
Sur l'épreuve de cette table, on vient coller l'épreuve ci-dessus préalablement découpée. Elle doit s'appliquer exactement, si les dimensions ont été bien prises. On photographie ensuite le tout pour pouvoir tirer des épreuves sans raccordement.
Il va sans dire que les petits défauts de coïncidence peuvent se corriger par la retouche. De même, les fonds noirs peuvent se faire disparaître, en silhouettant les images sur le cliché.
Nous donnons enfin (fig. 83) une image double non moins originale, que l'on obtient en deux poses successives, en masquant, pendant chaque pose, l'autre moitié de la glace sensible, au moyen d'une planchette dont le bord vertical vient passer juste au milieu de la glace sensible. Cette planchette étant placée bien exactement, et le modèle étant bien à la môme hauteur dans les deux cas, le résultat est celui de la figure 83. On peut encore procéder difîéremment : faire deux clichés devant un fond blanc, masquer par une cache la moitié de chaque cliché, et les tirer successivement de façon à les raccorder sur la même feuille de papier sensible.
Nous apprenons au dernier moment que M. le D'' Guébhard vient d'imaginer un moyen très simple pour isoler en dégradé sur fond noir une partie quelconque du champ visible et pour
réaliser, par conséquent, toutes les combinaisons possibles d'images prises même à échelles clifTérentes.
Opérant de préférence sur le fond noir que donne, de jour, l'entrée d'une pièce obscure (écurie, grange, etc.) ou mieux, de nuit, l'ouverture d'une fenêtre sur le vide, ou encore l'ombre portée d'une paroi en avant de laquelle est produit l'éclair magnésique, M. Guébhard interpose simplement, entre le modèle et l'objectif, un écran noir percé d'un trou dont il règle la distance et les dimensions de manière à ne laisser paraître, sur la glace dépolie, que ce qu'il veut avoir de son modèle. 11 a fait ainsi, sans parler du simple buste dégradé sur noir, avec ou sans socle, un grand personnage admirant, au milieu d'une cour nombreuse, sa statuette en pied sur piédestal ; des dîneurs attablés autour de la tête d'un des leurs, servie, gigantesque, sur un plat; un jongleur jouant, en guise de balles, avec trois petites têtes, les siennes ; dos parents regardant ébahis :
a Ah, coinme il grandit, cl enfant ! », etc., etc.
CRYPTOPHOTOGRAPHIE 123
GRYPTOPHOTOGRAPHIE
La photographie fournit plusieurs moyens de correspondance secrète. Rappelons d'ahord les encres sympathiques que l'on appelle cryptophotographiques,
1° Le chlorure d'or, fortement étendu d'eau, ne laisse pas de trace sur le papier; les caractères ne deviennent apparents qu'après une heure d'exposition à la pleine lumière ; ils passent alors du rouge violet au rouge hrun et deviennent ensuite tout à fait noirs.
2'' Le nitrate d'argent dissous en très petite quantité dans de l'eau sert également d'encre sympathique; il faut exposer l'écriture en pleine lumière pendant le même temps pour voir apparaître les caractères tracés sur ce papier.
Mais ces moyens ne sont pas de précieux auxiliaires d'un secret à garder ; car quiconque recevra un message qu'il soupçonnera être cryptographique, aura la chance de le laisser en plein jour, et le pot aux roses sera découvert.
Que l'on nous permette donc de rappeler un procédé plus discret, qui consiste à écrire sur papier transparent à l'aide d'encre bien noire et de se servir de ce papier comme d'un cliché pour impressionner une feuille de gélatino-bromure par exemple. Vous envoyez cette feuille dans une enveloppe très opaque si possible, et vous l'enveloppez dans un papier aiguille, pour plus de sécurité; si la personne à qui vous l'adressez est prévenue, elle aura soin de n'ouvrir votre message qu'à la lumière rouge du laboratoire, et là elle demandera à son bain de fer de lui découvrir le précieux secret de cette image latente ; tandis que si ce pli est tombé entre les mains d'un infidèle — tout au moins d'un indiscret — et qu'il l'étalé au grand jour, ce qui tout à l'heure l'aurait servi à souhait, devient dans ce cas un complice de l'expéditeur; le jour détruit votre missive en impressionnant toute la surface du papier qu'il voile à tout jamais.