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Fis. 01.
géant) en plaçant le miroir au tiers environ de la hauteur du corps de la personne à photographier. L'appareil est alors placé au-dessus de la tête du sujet et incliné vers le sol de façon à embrasser le champ du miroir. Si on le place de côté, en dehors de la ligne de la personne et du miroir, on obtient la photographie du sujet plié, les reins courbés, dans la position d'un acrobate exécutant des tours de souplesse.
L'amateur saura, d'ailleurs, mettre à contribution les objets qu'il aura sous la main. Une boule de jardin, ou même une simple cuillère, bien brillante, tenue du côté convexe ou concave, feront des miroirs qui suffiront, étant donné que les derniers
i:îg les récréations photographiques
détails no sonl pas nécossairos, ot que l'on reconnailrail. même sur une simple silhouette, le sujet déformé (lii». !)2 et 93).
Voici encore d'autres moyens d'arriver à des caricatures non moins réussies. Prenez un cliché au moment où il sort du bain de lavag-e, égouttez-le pendant quelques minutes ; puis, avant (ju'il ne commence à sécher, chaufFez-Ie légèrement sur un feu doux, en le tenant horizontalement. La gélatine se ramollira,
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et il vous suffira d'incliner dans un sens ou dans l'autre pour produire d'horribles déformations. Laissez de nouveau la gélatine faire prise, le cliché étant posé horizontalement, puis séchez el lii'ez épreuve. Soyez certain que, malgré l'affreuse grimace de votre modèle, personne ne manquera de le reconnaître. Avezvous un cliché dont la couche se soit soulevée dans le bain? Vous pourrez le converti]- en une caricature analogue, en appliquant la pellicule sur une nouvelle glace, mais ayant soin de la distendre et de la déformer. Le résultat sera celui de la fig. 94, p. 137.
LA PHOTOGRAPHIE-CARICATURE
A cnlc de ces récréations, nous pourrions citer les remarques que Ton a faites à propos de la déformation du papier sensible : le papier albuminé, plongé dans l'eau, s'allonge dans le sens de la largeur de la feuille : il s'ensuit que, suivant que les morceaux
Fig. 94.
de papier ont été coupés en longueur ou en largeur, dans la feuille, il y aura allongement des traits du modèle dans un sens ou dans l'autre. C'est là une remarque dont on peut tirer parti à l'occasion.
Divers accessoires peuvent être mis à profit pour obtenir des photographies-caricatures, notre figure 9o, page 138, en donne
LES RÉCRÉATIONS PHOTOPtRAPHIOUES
lin exemple : le sujel à ])liolooTapliier lient «levant lui un carton, sur lequel a «Hé dessinée une oie et le corps d'un homme enfourché sur cette monture. Le modèle tient ce dessin .de façon
Fis. ".'5.
que sa t)ropro lèle vienne se raccoi-der au corps dessiné ; en photosrraphiant. on ohtienl le résultat de la ligure 96.
Le procédé qui oITre le plus de ressources est, sans contredit, le raccordement d'é- ])reuves faites sur divers clichés ; en voici du reste un exemple.
(Test à rohligeance d'un de nos hons amis, M. Eugène Noir, amateur pholoirraphe à Gray, que nous devons Tintéressant portrait que nous puhlions ci-contre. On ne pouvait mieux choisir l'exemple : ce n'est plus seulement une récréation, c'est, dans le cas présent, une malice dont le sel n'échappera pas aux nombreux amateurs du pays qui reconnaîtront l'ami « Auguste », la légendaire tête cFArc. Ce brave homme est né forte tète : il n'est pas de quolibets dont ses petits camarades ne le gratifièrent à cause de cette difformité, dès sa plus tendre jeunesse; il eut toujours l'esprit de ne s'en ]>oint fâcher. Au contraire, il en profita pour
Fiff. U6.
LA PHOTOGRAPHIE-CARICATURE 139
se créer,, . sinon iino siliiation bien lucrative, dn moins des sympathies. Il se fit commissionnaire, et certes, la pratique ne lui manqua point. Connu à cinq lieues à la ronde, il n'a qu'à traverser un village pour que les occasions de gagner quelques gros sous lui soient fournies et ses commissions lui rap-
portent double, tant à l'arrivée qu'au départ, tellement notre bonhomme sait apitoyer son monde. Bref, sans vouloir autrement faire ici l'histoiredece brave <.( Auguste y>, prenonsl'exemple de son portrait exagéré dans ce que l'original a déjà de grotesque, pour dire à nos lecteurs comment, dans un cas semblable, ils devront s'y prendre pour faire mieux ressortir lecôff^ ti/pique d'un de leurs amis.
Vous faites deux poses du personnage choisi, l'une en pied,
l'autre en buste, voire modèle reslant dans la même position et dans les mêmes conditions d'éclairage, devant un fond uni; mais en changeant le foyer devotre chambre, soit envousrapprochant du modèle pour prendre son cliché en buste, soit en employant dans ce cas un objectif plus puissant, dételle sorte que cette pose
Fiu'. '.IS.
en buste, figure 97, occupe la môme superficie sur cette plaque que le corps en pied figure 98 sur l'autre.
On se rend facilement compte que dans ce mi-corps, les parlies reproduites sont de cinq à six fois plus fortes que celles de la pose en pied. C'est de cette inégalité de structure que nous allons montrer à tirer parti.
Ayant fait une épreuve positive de chacun de nos clichés, nous découpons le contour de la tête seule du cliché figure 97,
LA PHOTOGRAPHIE-CARICATURE
page 139, et nous collons celle-ci en la juxtaposant au col, sur le corps du cliché ligure 98,- page 140. Quel(|ucs retouches au pinceau dissimulent le raccord de cette grosse tête,
Fii!;. W.
et nous avons devant nous le type figure 99 de notre portraitcaricature.
Nous avons dit dans un autre chapitre comment cette substitution de têtes peut être une agréable distraction.
Nous avons alors la ressoui'cc de reproduire cette épreuve en un cliché spécial qui nous permetlra d'en tirer à l'oison pour les
donner à nos amis, ce qui nous évitera la double opération de tout à riieure, suivie du collage et de la retouche, main-d'œuvre qu'il est agréajjle de supprimer.
Certains amateurs s'y prennent tout dilTéremment pour arriver à produire ces épreuves. Ils opèrent devant un îonà absolument (f) noir, disons le plus noir possible, lequel, vous le savez, n'impressionne pas la plaque. Ayant disposé leur modèle pour en faire un
Fi-, luii.
[lorlrait en pied, comme dans la lîi;ure 98, ils marquent sur le verre dépoli l'emplacement exact qu'occupe le personnage dont ils profitent très minutieusement le contour, soit sur un papier végétal collé contre le verre (côté poli), soit sur le verre même, à l'aide d'un pinceau et de gouache. Cela fait, et le modèle ne bougeant plus, ils lui masquent la tète d'un voile noir, et font alors la première pose.
S'ils s'arrêtaient là, le cliché donnerait un mannequin tout «amplement, sur lequel on pourrait, à rocca8ion, raccorderla tète il'unc autre personne (tels ces 'vliidiés de corps sans tète ]»hoto-'
LA phûT()(irafhie-c:.viuc:ature
graphies dans des poses plus ou moins bizarres, et sur les quels on peul raccorder, par double tirage, les têtes d'autres clichés) .
Mais, comme nous tout à Fheure, ils avancent leur appareil sur le modèle, afînde ne prendre, cette fois, que la tète, mais dans des proportions difïerentes. Pour ce faire, ils découvrentlatète, et masquent au contraire le resteducorps. Une légère retouche au cliché, à l'endroit du raccordement, vient suppléer au petit défaut de repérage.
Fi^. loi.
D'aulres arrivent au même résultaten ueprcnantque justela tète sur un cliché de portrait, à l'aide d'une cache qui en masque tous les contours. Puis, en faisant l'opération inverse, soit sur un polirait en pied, soit sur un cliché de Heur, animal, etc., au moyen duquel ils complètent leur épreuve.
On obtient encore d'amusantes caricatures en déformant la surface sensible : tel est le portrait conique que nous donnons ci-contre.
Toujours très amusante la mine déformée d'une personne qui ne se laisse pas reconnaître vue à plat, développée comme dans la figure 100, page 112, et qui, vue de face, sous forme de cône^
nous rappelle un ami. Dessiner les traits de quel(|u\in sur un cornet de papier n'est pas chose facile ; aussi celte récréalion est-elle peu employée. Tandis que l'obtenir par la ])hotographie est chose assez simple ; nous allons en donner la }»reuve.
Ayant collé sur le fond intérieur d'un châssis, à la place de la glace sensiJde. un cône de carton fort, nous lui superposons une pellicule que nous avons préalablement découpée en i-ond et
Fiii. in;
entaillée suivant le développement de ce cône (comme l'indique le fond noir de la fig". 101, p. 143), pellicule que nous tixons au moyen de deux ou trois épingles. La plaque est ainsi chargée. Ayant mis au point le sujet sur un plan moyen, nous reculons le verre dépoli d'une longueur égale à moitié de la hauteur du cône, et nous avons garde dedéranger l'objectif ou le sujet. Pour avoir l'image nette, il faut nécessairement beaucoup diaphragmer. Avec les plaques rapides et un vif éclairage, quelques secondes de pose ne sont pas à compter.
La chambre noire doit être laissée danslelaboraloireeln'émer-
LA PHOTOGRAPHIE-CARICATURE 145
ger dans l'atelier que par un trou du même diamètre que Fobjeclif, pour permettre de poser le châssis sans voiler la couche sensible, ce système de cône ne permettant pas de fermer le châssis une fois chargé. La figure 101, page 143, nous donne la disposition de ce châssis, que l'on remarquera être du système dit à baïonnetle ; celui à rainure ne saurait convenir.
La pose une fois faite, le développement de la pellicule se fait comme celui d'une plaque ordinaire.
Ce cliché nous fournit l'épreuve déformée que montre la figure 100, page 142. L'aspect original, sinon grotesque de cette tète, cesse quand cette épreuve est enroulée dans sa position primitive et que le spectateur la regarde en se plaçant de façon que l'œil soit dans la direction de l'axe du cône.
La figure 102, page 144, montre la même tête ainsi ramenée dans sa forme normale.
Ne quittons pasle sujet des photographies-caricatures sans dire deux mots du « Transformisme en j^hotoffraphie ». Laissons la parole à M. Ducos du Hauron, qui s'exprime ainsi à ce sujet :
« Lorsque, dans un local abrité contre les clartés du dehors, un filet de lumière s'introduit, non point par l'orifice qui serait percé dans un volet, mais par l'intersection de deux fentes différemment dirigées, pratiquées dans deux écrans successifs plus ou moins espacés entre eux, il se produit, sur la surface où s'épanouit ce filet de lumière, une image caractérisée par le changement des proportions relatives des choses représentées. »
M. Ducos du Hauron a obtenu, au moyen de cette cliambre noire d'un nouveau genre, des caricatures variées.
DIVERS
rOKTRAIT RENDU VISIBLE OU INVISIBLE A VOLONTÉ
Prenez un verre de montre bombé V, où tout autre verre sem-
blable de plus grande dimension, si vous le désirez (les verres pour photominiature conviennent fort bien). Coulez dans ce verre, après Tavoir bien nettoyé, un mélange de cire vierge et de saindoux en quantité suffisante pour qu'il affleure bien exactement les bords que nous supposerons aussi bien dressés que possible. Quand il sera solidifié, vous appliquerez au-dessus une plaque circulaire de verre plat P, coupée de dimension ég'ale à la partie la plus large de votre verre bombé. Soudez ces deux verres ensemble au moyen d'une bande de baudruche B que vous fixerez avec de la colle forte, ainsi que le montre la figure ci-contre. Collez maintenant sur la plaque P un portrait quelconque, le
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visage tourné du côté du verre bombé. Votre système est préparé. En le faisant chauffer, la cire vierge placée entre les deux verres fondra, deviendra transparente et laissera voir le portrait. En laissant refroidir, celle-ci perdra sa transparence, redeviendra blanche et opaque, et le portrait disparaîtra.
L'objet ainsi confectionné pourra fort bien être monté en broche, médaillon ou de toute autre façon (fig. 103, p. 146).
Fig. 1U4.
ENCADREME>iT ARTISTIQUE DES PHOTOGRAPHIES
Pour sortir un peu des sentiers battus, et se reposer des caches ovales ou rectangulaires à coins ronds, on peut, après avoir tiré un portrait sur cache de forme appropriée, l'entourer, par un second tirage, d'un cadre également photographique. On met facilement ce cadre en place en regardant le papier par transparence au moment de mettre au châssis. Nous reproduisons figure 104 un médaillon obtenu par ce procédé. Une variante consiste à intercaler une fleur ou une branche portant quelques petites feuilles, sur le côté d'une épreuve, au moment où l'on teinte le bord d'une épreuve tirée sur cache. 11 faut choisir des
148 LES RÉGRÉATIOXS PHOTOGRAPHIQUES
pièces transparentes, si l'on veut que les détails des nervures viennent sans qu'on soit obligé de surexposer le fond.
La Science en Famille indique la dislraction suivante :
Voulez-vous composer une nouveauté intéressante que les gens de goût apprécieront?
Procurez- vous une petite glace, carrée ou ovale, pas trop épaisse, sans cadre; appliquez-la sur un panneau de bois et maintenez-la au moyen de pointes à tètes rondes (appelées habituellement punaises) ; découpez la silhouelle d'une photographie ; collez-la sur la glace, puis entourez celle-ci d'herbes et de fleurs sèches arrangées arlistemenL ou simplement collées ou assujetties avec des attaches invisibles.
Vous pourrez faire un portrait dun fort joli aspect, surtout si 'ous le rehaussez de couleurs à l'huile ou [\ Vaquarelle.
LE PHOTOBUSTE
Le photobuste (tlg. 105, p. 4 i9) constitue l'une des formes les plus charmantes que l'on puisse donner à un portrait. On peut l'obtenir de deux façons :
1" Le modèle, convenablement drapé, se place derrière une colonnette qui arrive juste à la hauteur voulue; le haut de cette colonnette est coupé en deux suivant la longueur; il ne forme donc qu'un demi-cylindre; mais, vu de face, il donne l'illusion d'un cylindre entier. Ce subterfuge a pour objet de permettre au modèle de s'approcher plus près. On met au point, et l'on photographie. Quelques petites retouches viennent du reste compléter les joints de raccord, si c'est nécessaire. On peut aussi faire usage d'écrans noirs que l'on place devant le modèle, et qui se confondent avec le fond, noir également.
2" On peut obtenir le photobuste d'une façon aussi simple en faisant d'abord un cliché ordinaire ; en tirant l'épreuve, on masque à la partie inférieure une surface qui est juste celle d'un piédestal
DIVERS
Fig. 105 (1).
(1) Nous empruntons cette épreuve à la collection de M. Barthélémy, photographe,' à Nancy.
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que l'on a photographié à l'avance. Par un second tirage, on imprime ce piédestal, en ayant soin de repérer bien exactement. Du reste, le pinceau est là pour corriger les défauts.