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LA PHOTOGRAPHIE LA NUIT

ble sur la plaque ; autrement on risquerait de la voiler d'une façon complète. Pour avoir toute sécurité à cet égard, l'opérateur se place ordinairement derrière la chambre noire.

La mise au point se fait à l'aide d'une lampe ou d'une bougie, que l'on promène successivement tout autour du sujet à photographier, pour s'assurer qu'il cadre bien sur la glace dépolie. Cette lampe, placée dans un plan moyen, sert en même temps à mettre au point. S'il y a des lumières dans la salle où l'on opère (lampes à huile ou à pétrole, bougies, becs de gaz, lampes à incandescence), il est inutile de les éteindre, à moins qu'elles ne soient dans le champ. La mise au point étant faite, on place le châssis, sans qu'il soit nécessaire de fermer l'objectif, puis on produit l'éclair. On ferme ensuite le châssis et on développe.

Les charges de magnésium à employer peuvent se calculer facilement après une expérience préliminaire, en partant de la loi des carrés des distances et en tenant compte de l'ouverture de

f l'objectif. Supposons qu'un objectif d'ouverture jrr nécessite,

pour faire un portrait, 0 gr. 3 de magnésium brûlé à 2 mètres du

f modèle. Si nous diaphragmons à-^, et que nous voulions faire

un portrait en plaçant la source lumineuse à 5 mètres, nous devrons brûler

^'3 X 1Ô2 X 22 = "^ gi'- ^ ^6 magnésium.

L'obtention du portrait à la lumière artificielle nécessite quelques essais préalables, au point de vue de l'effet artistique. On arrive à obtenir des clichés qui diffèrent peu de ceux que l'on fait au jour ; néanmoins, il faut, pour en arriver là, étudier avec soin les effets d'ombre et de lumière obtenus dans tel ou tel cas. Les reproductions, par contre, s'obtiennent avec la plus grande facilité. La lumière artificielle permet même de donner, d'une façon pour ainsi dire automatique, la pose exacte. On a soin de brûler la dose de magnésium en plusieurs charges successives, tout autour du modèle, afin d'égaliser l'éclairage.

On a employé avec succès, pour obtenir des instantanés à la lumière artificielle, des photopoudres, ou mélanges pyrotechniques, tels que le suivant :

Chlorate de potasse 3 gr.

Magnésium 3 gr.

Ce mélange, brûlé sur 4 gramme de coton-poudre, produit un éclair instantané. On a renoncé à ces mélanges, à cause du danger que présente leur manipulation : ils détonent par le choc, et l'on pourrait citer plus d'un accident survenu par leur préparation en grand.

Il faut convenir néanmoins que ces mélanges ont, à un moment donné, révolutionné pour ainsi dire la photographie, en permettant d'opérer la nuit comme en plein jour. Nous pourrions citer, comme exemple, une photographie obtenue par M. Paul Nadar, pendant un dîner. La photopoudre, placée dans un vase à fleurs, avait été enflammée électriquement, et l'appareil, braqué sur les invités, était placé dans l'embrasure d'une fenêtre. Une heure après, les invités, ainsi photographiés au moment oii ils s'y attendaient le moins, pouvaient admirer une épreuve montée sur bristol.

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