INSTABILITÉ TEMPORAIRE
S1 les conditions de vie d’un chien ne varient pas, ses réflexes conditionnels restent identiques à eux-mêmes jusqu'à quelques jours avant la mort de l’animal. Mais il est relativement facile d'obtenir une perturbation temporaire des réflexes conditionnels en poussant la discrimination audelà de certaines limites. C’est ainsi que chez un chien présentant un réflexe de salivation positif à la vue d’un cercle, et un réflexe de salivation négatif à la vue d’une figure elliptique, si l’on vient à rapprocher le plus grand diamètre de la figure elliptique du diamètre du cercle, ni le réflexe positif, ni le réflexe négatif ne présenteront leur plein rendement : le chien est devenu «neurasthénique » au sens complet du mot. Trop d’excitations agissent sur lui, et surtout trop d’excitations trop rapprochées par leur nature : il n’est plus en mesure de faire la distinction, ses réflexes sont émoussés, diminués.
Mais un repos complet de deux à trois mois ramène le psychisme du chien à un état normal. Si l’on recherche alors le réflexe qui avait eu pour conséquence la « folie » du chien, une nouvelle explosion de neurasthénie — qui peut être dans certains cas définitive — se produit.
Pavlov essaya de remédier à ces inconvénients par une médication pharmacologique, et fut ainsi conduit à faire l'étude de l'influence de certaines substances sur les réflexes conditionnels. Voici quelques-unes de ses constatations
La caféine (doses 0 g. 025-0 g. 05). — Sous son influence, la formation des réflexes conditionnels positifs est rapide (deux-trois combinaisons suffisent pour la formation d’un
pe
réflexe, alors que trente environ étaient nécessaires avant l'emploi de la substance). |
Par contre, les mécanismes d’inhibition sont bloqués. L'animal présente de l’insomnie.
— Les bromures : Leurs‘effets sont antagonistes de ceux de la caféine. Le mécanisme d’inhibition est parfait, l’animal sommeille avec facilité.
— L'alcool : La formation des réflexes conditionnels est ‘impossible, qu'ils soient positifs ou négatifs. L'alcool entraîne une dépression marquée de toutes les fonctions intellectuelles.