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sont également inhibés, mais, au bout de deux à trois mois, le chien revient à son état primitif, Lorsque l'opération est plus brutale et les lésions expérimentales plus étendues, le rétablissement des fonctions se fait également progressivement, mais les mécanismes d'inhibition — comme on le sait très complexes — demeurent à tout jamais impossibles. Enfin, quand la destruction porte sur toute une zone du cortex, la récupération survient également, sauf cependant en ce qui concerne les réflexes conditionnels intéressant la zone sensorielle correspondant à la zone détruite. Ainsi, les réflexes thermiques disparaissent par destruction de la zone occipitale, les réflexes visuels par destruction de la zone calcarine, les réflexes à point de départ proprioceptif par délabrement de la frontale ascendante chez le chien : Pavlov en conclut que « la frontale ascendante est la zone de projection de la sensibilité profonde proprioceptive ». Fait à retenir, il faut détruire plus que ne le veulent les localisations anatomiques : en somme, la zone de projection anatomique est plus petite que la zone physiologique.
On ne peut terminer une telle question sans laisser entrevoir le nombre de problèmes que les études de Pavlov ont permis sinon de résoudre, du moins d'éclairer d’un jour nouveau. C’est ainsi que Pavlov put déclencher expérimentalement le sommeil par une sommation d’inhibitions internes qui aboutissent à l’inhibition totale du cortex, d’où le sommeil. Sans entrer dans le détail de la question, disons cependant que des recherches plus modernes ont montré que ce ne serait là qu'un des aspects du sommeil.
Dernier problème, enfin, qui se pose : c’est l'application à l’homme des données expérimentales obtenues chez les animaux. C’est là, en somme, le problème qui est la préoccupation constante de tout physiologiste. Pavlov n’y a pas manqué. La tâche était particulièrement ardue, parce qu'elle était toute nouvelle et parce qu’elle se rapportait à ‘un domaine particulièrement complexe : le système nerveux central dans ce qu'il a à la fois de plus subtil, de plus différencié
et de plus mouvant : nous avons nommé le cortex humain.
La difficulté était double : d’une part, le système nerveux humain est beaucoup plus complexe que celui des animaux d'expérience; d'autre part, on ne pouvait conclure de l’animal à l’homme sans qu'aucun fait vint confirmer la possibilité de réflexes conditionnels dans l’espèce humaine.
L’expérimentation répondit aux espoirs de Pavlov. L’auteur eut l’idée d’expérimenter chez des humains au système nerveux encore peu différencié ou au système nerveux qui a perdu sa différenciation. C’est ainsi que Pavlov et ses collaborateurs expérimentèrent : d’une part sur des enfants, dont les réactions psychiques sont évidemment moins riches, moins variées que celles de l’adulte; d’autre part sur des idiots ou des individus en état d’hypnose.
Chez les uns et chez les autres, il put obtenir des réflexes conditionnels. Chez l’enfant, Krasnogarski et Kalischer purent obtenir des réflexes du 5° et même du 6° degré. Les réflexes de l’enfant obéissent à des lois particulières :
1° le stimulus psychique peut suivre le stimulus absolu;
2° une seule combinaison peut suffire;
3° il est possible de développer un très grand nombre de réflexes conditionnels dans le minimum de temps.
Il n’a pas été possible jusqu'ici, par contre, d’obtenir expérimentalement des réflexes conditionnels chez l’homme adulte en état d’intégrité psychique. Rien ne prouve qu'avec le développement de la technique scientifique il en sera de même à l'avenir.