‹ Les Réflexes dans la Chorée de SydenhamChapitre 3 sur 38 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Jusqu’à Sydenham, médecin anglais qui vécut au xvir* siècle, la chorée fut englobée dans le groupe des affections saltatoires.

Il y eut, en effet, au moyen âge des épidémies de manies dansantes.

Les malades allaient en troupes grimaçantes à la chapelle de Saint-Guy en Souabe, implorer une guérison miraculeuse. Là se trouvaient côte à côte des gens atteints de dansomanie, de grande danse de Saint-Guy, de chorée giratoire, de convulsions démoniaques, de vrais choréiques peut-être.

Au milieu de tous ces agités, Sydenham, en 1688, : créa une classe spéciale de malades : leschoreiques.

Dans sa « lettre touchant une nouvelle sorte de fièvre », il définit la chorée « une sorte de convulsion que l’on rencontre le plus souvent chez les enfants des deux sexes, depuis la dixième année jusqu'à l’époque de la puberté ».

En France, les idées de Sydenham étaient peu goûtées. C’est alors que, en 1810, Bouteille de Manosque affirme de nouveau l’autonomie de la chorée et poussant plus loin ses recherches, en distingue

Te diverses variétés : chorées essentielles, chorées secondaires et fausses chorées.

En 1850 Germain Sée lit à l’Académie de médecine un remarquable mémoire, dans lequel il reconnaît comme éliologie de la chorée le rhumatisme. Henri Roger en 1866-1865 montre de nouveau la coexistence de la chorée et du rhumatisme et va jusqu’à dire que la chorée est une maladie rhumatismale. La théorie rhumatismale se trouve donc établie.

A côté de cette théorie, se développent les théories infectieuses. Triboulet montre que la chorée est précédée et accompagnée presque toujours d’une maladie infectieuse quelconque : fièvres éruptives, embarras gastrique, grippe, etc. Toutefois il admet comme facteur important du développement de la chorée l’hérédité nerveuse.

Le rôle de celle-ci noté déjà par Germain Sée qui dit : «il est des cas dans lesquels la chorée se transmet pour ainsi dire en nature et de manière à ne pas laisser de doute sur son origine », est nié par Raymond : « l’hérédité, dit-il, n’agit qu'indirectement ; il serait téméraire d’attacher une importance à cette cause. » Pour Déjérine au contraire le rôle étiologique de l’hérédité nerveuse ne fait point de doute et le rhumatisme passe au second plan.

Quoi qu'il en soit de ces diverses théories, nous entendrons par chorée avec MM. Hutinel et Babonneix : « celte affection caractérisée par des mouvemements irréguliers, incoordonnés, involontaires,

apparaissant très souvent à la suite de rnumatisme, évoluant d’une façon cyclique, s’accompagnant fréquemment d’endo-péricardite, et disparaissant presque toujours au bout d’un certain temps, pour récidiver deux ou trois fois avant la puberté à partir de laquelle ils deviennent beaucoup plus rares. »

Arrêtons là ce court historique qui nous a cependant permis de préciser ce que nous entendons par chorée, et avant de passer à l'étude des réflexes dans cette affection, voyons ce qu'est un réflexe, voyons quel est l’état des réflexes chez un enfant normal.

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