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RÉFLEXES CHEZ L'ENFANT

Le pouvoir réflexe est « la propriété que possèdent les centres nerveux de transformer immédiatement et sans le concours de la volonté les excitations sensitives en excitations motrices » (Laulanié). Un réflexe est done tout mouvement musculaire succédant inévitablement à une impression sensitive provocatrice.

La production d’un phénomène réflexe implique la série des faits suivants :

1° Excitation d’un nerf sensitif ;

20 Transmission de cette excitation jusqu’à un centre nerveux (substance grise).

3° Ebranlement de ce centre nerveux et dégagement d’une excitation motrice ;

4 Transmission de cette excitation jusqu'aux muscles.

Avant d'en arriver à cette notion précise du réflexe, de nombreux travaux se sont succédés.

Descartes, pour lequel les animaux n'étaient que des machines admirablement construites dont l’activité automalique ne relevait ni de la conscience, ni

de la volonté, a eu, sans doute, l’idée des phénomènes réflexes. Mais c'est Astruc qui, le premier en 1743, parle de réflexe et compare le mécanisme des réflexes à celui de la réflexion d’un rayon lumineux qui tombe sur un miroir. Puis viennent les travaux de Flourens en 1840,de Claude Bernard, de Vulpian en 1866, de Brown-Séquard en 1866. « Cette étude des réflexes s’est faite graduellement, dit en 1882 le professeur Charles Richet, et l’enfantement de la théorie actuelle a duré une très longue période de temps, à peu près deux siècles. »

Aujourd'hui l’étude clinique des réflexes comporte surtout l’étude du réflexe rotulien, du réflexe plantaire, du réflexe pharyngien et du réflexe cornéen.

Le réflexe rotulien consiste en une extension brusque de la jambe sur la cuisse à la suite d’une percussion du tendon rotulien : la production de ce réflexe nécessite l’intégrité du cordon postérieur.

Le réflexe cutané plantaire consiste dans le retrait du membre inférieur après excitation de la plante du pied. En même temps se produit le réflexe du fascia lata décrit par Brissaud en 1895 : le fascia lata se contracte brusquement à la suite du chatouillement de la plante du pied; ce signe apparaît quelquefois seul. Ce réflexe cutané plantaire est modifié dans certaines maladies du système nerveux : Babinski en 1896 et 1897 a montré que si, dans les cas normaux, les orteils se fléchissent par excitation plantaire, dans d’autres cas ils se mettent en extension : c’est le phénomène des orteils, réflexe de Ba-

TS

binski qui s'applique surtout à l’extension du gros orteil. Et ce signe, lorsqu'on le trouve, est toujours lié à une perturbation du système pyramidal.

Le réflexe pharyngien s'obtient en chatouillant le pharynx : ce chatouillement provoque aussitôt une sensation désagréable de picotement, des nausées, des vomissements même, et toujours la contraction des muscles du pharynx.

Le réflexe cornéen ou palpébral est la réaction d’occlusion de la paupière, qui se produit quand on touche du doigt la cornée.

Ces réflexes existent chez l’adulte normal ; en estil de même chez les enfants ?

Léry en 1903 a fait des recherches qui l'ont amené aux résultats suivants :

Le réflexe plantaire s’observe chez les enfants normaux dans 95 o][o des cas : il est toujours en extension jusqu’à l’âge de six mois ; à partir de trois ans, sauf quelques exceptions il est en f/exion ; entre ces deux limites il est variable.

Le réflexe rotulien est constant chez l’enfant de tout âge : il est exagéré, comme le sont d’ailleurs tous les autres réflexestendineux jusqu’à six mois.

Nous n'avons parlé jusqu'ici que des réflexes étudiés d’abord chez l'adulte, recherchés ensuite chez l'enfant. |

En 1908, Brudzinski, médecin en chef de l’hôpital d'enfants « Anne-Marie » à Lodz, en Pologne, a décrit sous le nom de « réflexes contra-latéraux des membres inférieurs » une forme particulière de

mouvements associés, qu'on rencontre chez l’enfant seulement, dans un certain nombre d’affections nerveuses et états névropathiques.

Chez un nourrisson atteint d’hémiplégie gauche incomplète avec contracture légère il remarqua le phénomène suivant :

Lorsqu'on mettait en flexion forcée la jambe droite saine (de façon à ce que la cuisse vint en contact avec la paroi abdominale) la jambe gauche paraly-

sée qui se lrouvait en flexion, exécutait un mouve-

ment d'extension. Ce mouvement d'extension qui

avait tous les caractères d’un réflexe, ne se produisait pas dans le membre inférieur non paralysé, lorsqu'on exécutait la même manœuvre avec le membre inférieur paralysé.

Ce réflexe contra-latéral « réciproque » (extension en cas de flexion), fut remplacé au bout de quinze jours par un réflexe collatéral « identique » (la flexion de la jambe saine provoquant la flexion du côté malade).

Ces mouvements associés ont reçu le nom de signe de Brudzinsky.

Le signe de Brudzinsky n’a jamais été trouvé chez les enfants normaux et bien portants.Il a été trouvé régulièrement chez les enfants arriérés, chez les microcéphales avec idiotie.

Il semble constant dans la méningite tuberculeuse et la méningite cérébro-spinale. Ce signe clinique a donc un double intérêt : intérêt purement théorique

en ce qui concerne les enfants arriérés ; intérêt net-

tement pratique en tant que moyen de diagnostic et de pronostic dans les affections spécifiques ou non

des méninges.

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