‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 108 sur 274 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

« le cas fie maladie ou de quelque autre nécessité « admise par le droit, coutume qui a été raisonna- « blement introduite pour éviter quelques périls « et du scandale. De même, bien que, dans la pii- « mitive Eglise, ce sacrement ait été reçu par les « fidèles sous les deux espèces, on a pu néanmoins « établir qu il ne fût, dans la suite, reçu de cette « manière que par les prêtres officiants, et fût of- « fert aux laïcs sous la seule espèce du pain, parce « qu'il faut croire fermement et sans aucun doute « que tout le corps et tout le sang de Jésus-Christ a sont vraiment contenus sous l'espèce du pain « comme sous l'espèce du vin. C'est pourquoi « cette coutume, introduite par l'Eglise et par « les saints Pères et observée depuis très-long- « temps (1), doit être regardée comme une lof a qu'il n'est pas permis de rejeter ou de changer « sans l'autorité de l'Eglise. »

(I) On ne sait comment le concile a pu se résoudre à dire qu'il y avait très-longtemps que la coutume de ne communier que sous une seule espèce avait été introduite dans l'Église. Peut-on appeler un temps très-long celui de deux cents ans tout au plus, que la coutume avait prévalu, non pas même généralement ni sans contradiction, surtout si l'on compare ce terme à douze siècles rntiors , pendant lesquels l'Église communiait sous les deux espèces?

(Lenfant, Concile de Conslanccyl. Il, p. 371.)

16 i.ivnR ni.

Le concile termine en décrétant la peine due aux hérétiques contre les infracteurs.

Par ce décret célèbre, la coutume de la communion à jeun, sous une seule espèce, fut légalement établie, et depuis lors elle eut force de loi dans l'Eglise. Le concile crut apaiser le débat en décidant la question, mais les opposants appelèrent de la puissance qui avait formulé ce décret à celle du glaive ; il en résulta une guerre effroyable, et la question, étouffée au XV^ siècle dans des flots de sang, renaquit plus redoutable au siècle suivant. L'obstination de l'Eglise romaine sur ce point trèssecondaire de doctrine contribua beaucoup au succès de la réforme , et si le concile, qui se disait infaillible, eût été doué de seconde vue, il est douteux qu'il eût voulu détacher du catholicisme la moitié de l'Europe chrétienne, non pour maintenir l'intégrité de la tradition ou du dogme, mais pour sauver l'uniformité dans la pratique.

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