‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 110 sur 274 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

précédents touchant l'élection des papes. Le concile se réservait de régler le temps , la forme et le lieu de cette élection; il décidait qu'il ne serait point dissous qu'il n'y eût un pape élu, et priait l'empereur de s'employer efficacement à le maintenir et à le défendre.

L'empereur déclara qu'il obéirait au vœu du concile, et lit publier un édit qui menaçait des peines les plus sévères quiconque attenterait à la sûreté du concile ou à la liberté de l'élection du pape.

On ratiiia ensuite ce que Grégoire avait fait canoniquement dans les lieux de son abédience réelle ; on déclara que ce n'était point pour fait d'incapacité , mais pour le bien de la paix générale , que Grégoire avait été exclu, dans la session douzième, du droit d'être élu de nouveau. Le concile le reconnut lui-même pour cardinal, et confirma dans leurs dignités les six cardinaux de son obédience.

Alors Charles Malatesta, s'étant levé, harangua l'assemblée, et, faisant allusion au nom d'Angelo, qui était celui de Grégoire XII , il prit pour texte de son discours ces paroles de saint Luc : Jvec l'ange il s'éleva une grande multitude de l'armée céleste. Puis, prenant place sur un siège élevé, disposé comme pour Grégoire lui-même, il déclara

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solennellement que son maître renonçait au souverain pontificat, sans y être porté par aucun autre motif que celui de procurer la paix et l'union de l'Église.

Le concile termina sa quatorzième session par la lecture d'un décret qui sommait Pierre de Lune, dit Benoît XIII , de tenir sa promessse en renonçant au pontificat dans dix jours, sous peine d'être poursuivi comme schismatique, incorrigible, dévoyé do la foi et parjure, auquel cas le concile ordonne de le poursuivre, et l'empereur est requis d'exécuter la sentence.

Grégoire, après avoir résigné la tiare, parut soulagé d'un grand fardeau ; la couronne , en effet, pesait plus sur sa conscience que sur son front. Lorsqu'il apprit ce qui s'était passé à Constance , il assembla ses cardinaux , ses prêtres , sa maison, et, déposant devant eux sa mitre et ses ornements pontificaux, il jura qu'il ne les reprendrait jamais. Il fut fait cardinal-évêque de Porto, et, deux ans plus tard, il mourut nonagénaire à Recanati, dans la marche d'Ancône, dont il était légat.

Les théologiens d'Italie se sont appuyés de la concession faite par le concile à Grégoire pour déclarer nuls tous ses actes antérieurs , et en particulier les décrets de la cinquième session , qui étu-

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