CHAPITRE II
blissent la supériorité du concile général sur le pape. Une semblable prétention de leur part est comprise, mais elle n'est pas justifiée.
Pour que les actes des sessions antérieures fussent invalidés , le concile aurait dû les déclarer tels dans la quatorzième session ou dans les suivantes ; il aurait dû surtout ne compter celles-ci qu'à partir de la convocation nouvelle. Il fit le contraire ; il continua à compter les sessions dans le même ordre qu'auparavant; il fit, dans la suite, confirmer tous ses actes par la bouche d'un nouveau pape, et, pour ôter tout prétexte à l'équivoque ou au doute, il exigea que cette clause : Pour autant que cela regarde Grégoire XI T, fût maintenue dans le décret de convocation par ce pontife.
Nous ne voyons pas que Grégoire lui-même ait regardé , depuis son abdication, tout ce qui s'était fait avant elle comme nul (1)? ^t qu'il ait cru , par exemple , que , pour valider la déposition de Jean XXIIÏ , il fallût le déposer de nouveau. Grégoire voulut sans doute ménager ce qu'il se devait à lui-même pour justifier sa longue résistance; il voulut aussi, autant que cela dépendait de lui, maintenir intactes les prérogatives de son rangsu-
(1) Voyez imc leUre curieuse de Grc'goire XII, citée dans les anecdotes de Marlènc, t. Il, p. 1616,
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prênie , abandonnées par son ancien compétiteur. Vaincu , il sut se faire honneur de sa défaite. Sa chute étant forcée, ce fut une gloire pour lui de la présenter comme volontaire , de couvrir d'une apparence de liberté une contrainte réelle. Balthasar Cossa avait été honteusement précipité et résigna sa couronne en lâche; Angelo Corrario céda la sienne en pape, et l'on peut dire qu'il descendit du trône plutôt qu'il n'en tomba.