‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 204 sur 274 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

rence, était en réalité illusoire : peu de jours auparavant, Martin V avait fait, dans un consistoire secret, une constitution perpétuelle par laquelle il n'était permis à qui que ce fût d'appeler du souverain pontife au futur concile. Ne reconnaître à personne le droit d'appeler de son jugement, c'était refuser à tous celui de le condamner (1).

Le pape rendit enfin un dernier décret ainsi conçu : « Nous déclarons, par l'approbation du « concile, que nous avons satisfait aux articles de « réformation contenus dans le décret du 30 octo- « bre 1417 par les décrets qui viennent d'être lus « dans cette session, aussi bien que par les concor- « dats que nous avons faits avec chaque nation en « particulier. »

Le cardinal de Viviers déclara que le concile

trs eo ipso facto sententiam excommunicationis incurrant, ctiamsi pontificali aut cardinalatiis prœfulgeant dignitate.

(Msc. Brunsw., Goth., Lips. et Wolfenb. Ap. Von derHardt,t. IV, p. 1537.) (I) Voy. Gers., Dialog. apolog., t. Il, p. 390, et Tractât, quomod.et anliceat in caus. fid. a sum. ponlif. appelL, tome II, p. 803. Gerson est le seul auteur présent au concile qui ait fait mention de celte constitution de Martin V. 11 en parle, dans son Dialogue apologétique, d'une manière peu précise; mais ensuite, dans le traité qu'il composa pour la réfuter, son témoignage est formel et ne saurait être révoqué en doute.

approuvait ce décret, soit qu'il l'eût consulté en effet, ce que les actes ne spécifient pas, soit, ce qui est plus probable , qu'il eût traduit le silence par l'approbation.

Tel fut l'insignifiant résultat de tant de puissants efforts. Le pape, en ne permettant pas que les articles touchant les réformes fussent librement discutés dans l'assemblée générale, parut concéder de sa propre volonté celles qu'il accorda. Il savait qu'une constitution octroyée n'a point la force de celle que consacre un contrat synallagmatique , et celui qui donne croit aussi pouvoir retirer. En passant des concordats séparés avec toutes les nations, hormis avec les Italiens , il demeurait à peu près libre et absolu dans le pays où il était le plus intéressé à l'être ; il divisait dans le reste de l'Europe les intérêts et les causes des nations, et, selon que chacune se montrerait obéissante ou hostile , redoutable ou affaiblie, le pape se réservait de confirmer ses privilèges ou de les lui ôter sans que les autres fussent en droit d'en tirer avantage pour elles-mêmes ou de s'en plaindre.

Les réformes générales consenties pour tous les temps et pour tous les lieux étaient, comme on l'a vu, limitées à un très-petit nombre de points, la plupart d'une importance secondaire. Quelques au-

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teurs contemporains rappelèrent à cette occasion ce mot de l'Écriture : Ils ont coulé le moucheron et amlé le chameau^ et ils en firent l'application aux réformateurs du concile.

Comment ceux-ci auraient-ils fait plus? comment le concile aurait-il trouvé après l'élection du pape la force et la volonté nécessaires ? Il en avait manqué auparavant, et maintenant il lui en aurait fallu davantage. D'ailleurs, au milieu de la corruption générale des doctrines et des mœurs, quel résultat espérer, dans un but évangelique, de projets où il était question do tout, hormis de l'Évangile, et quelles réformes sérieuses attendre d'une assemblée qui jetait au feu les véritables réformateurs?

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