‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 209 sur 274 · II · texte numérisé non relu

II

Cette bulle était conçue dans les termes les plus irritants. Elle obligeait à jurer qu'un parjure sciemment commis pour sauver sa propre vie ou celle d'autrui est un péché mortel, tandis qu'elle mettait elle-même tout le monde entre le parjure et le martyre, et pour un converti faisait cent hypocrites ou cent rebelles.

Cependant de toutes parts arrivaient à Constance les ambassadeurs des républiques et des princes pour adresser au pape des félicitations et des requêtes. Ceux dont la venue excita au plus haut point l'attention étaient les envoyés grecs de l'empereur Manuel Paléologue et de Joseph, patriarche de Constantinople. Le chef de l'ambassade, George, archevêque de Kiovie, était accompagné de plusieurs princes turcs et tartares et de dix-neuf évéques de l'Église grecque.

Depuis longtemps un concile général avait été indiqué comme l'unique remède au schisme qui séparait les deux Églises, et Gerson surtout en avait fait sentir, dans ce but, toute l'importance.

Les députés grecs furent accueillis avec de grands honneurs, dans l'attente de la réunion si désirée. L'empereur, les princes, le clergé allèrent au-devant d'eux, et durant leur séjour à Constance toute liberté leur fut laissée pour l'exercice de leur

Page 1