‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 22 sur 274 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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Jean Hus. Cette paix n'était point sincère , et , vers le même temps , éclata dans le sein de l'Université un fâcheux débat auG{uel Hus prit une trop grande part : il triompha ; mais sa victoire lui devint fatale , car elle lui suscita plus d'ennemis que ne lui en aurait laissés une défaite.

L'Université de Prague avait été fondée par l'empereur Charles IV, sur le modèle des Universités de Paris et de Bologne, et partagée en quatre nations : la Bohême , la Bavière , la Pologne et la Saxe. Ces trois dernières étaient comprises sous le nom général de nation allemande ; trois voix étaient données à la Bohême , et une seule aux trois autres nations réunies ; mais , avec le temps , ces dernières changèrent l'ordre des délibérations ; les Allemands usurpèrent les trois voix, et n'en laissèrent qu'une à la Bohême. Jean Hus réclama au nom de ses compatriotes ; il invoqua leurs droits avec plus d'ardeur que de prudence, et , grâce à son crédit , il obtint gain de cause. Furieux de la perte de leur procès et de li^iirs prétendus privilèges, les Allemands abandonnèrent Prague au nombre de plusieurs mille, et se répandirent dans les autres Universités du continent. La Bohême et sa capitale eurent beaucoup à souffrir de cette désertion , qui fit circuler dans toute l'Allemagne les opinions de \Vy-

cliffe, et servit grandement plus tard la cause de la Réforme. Jean Hus, dont le zèle pour les privilèges de sa nation lui avait attiré tant de * nouveaux ennemis , fut alors nommé recteur de l'Université de Prague ; mais on peut dire que la Providence ne l'éleva en dignité que pour donner une autorité nouvelle à sa parole , et mettre plus en lumière sa piété chrétienne , en l'exposant davantage au ressentiment de ses persécuteurs.

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