‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 244 sur 274 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

troisième croisade, avec promesses d'indulgences, l'ut prêchée, en 1431, contre les Hussites.

Au bruit du nouveau péril qui menace la Bohême, Procope y ramène son armée pour faire face à l'orage; l'Allemagne entière s'était soulevée à l'appel du pape; tous ses États avaient fourni leur contingent ; le commandement suprême fut donné au cardinal-légat Julien Cesarini : quatre-vingt mille hommes de pied, quarante mille cavaliers et une artillerie formidable marchèrent sous ses ordres; les chefs des divers corps étaient : le légat en personne, l'archiduc Albert d'Autriche, l'électeur Frédéric de Brandebourg, l'électeur de Saxe, Frédéric-le-Belliqueux, et le duc de Bavière.

Cette immense armée se partage : l'archiduc Albert soumet la Moravie; l'électeur de Saxe investit Tachau; les autres corps se dirigent sur la Bohême par Ratisbonne, Parvenus à l'entrée de la Forêt- Noire, les Impériaux font halte; ils tiennent conseil et envoient à la découverte. Trompés par de fausses rumeurs répandues par Procope, ils prennent confiance ; ils tiennent déjà les Hussites pour vaincus, parce qu'ils les croient divisés, et s'engagent dans la forêt entre Tausch et Frawemberg. Tout à coup ils apprennent que les Hussites sont en armes, qu'ils sont unis et qu'ils approchent, II. ^3

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Une soudaine terreur s'empare des chefs et de l'armée; le duc de Bavière déserte le premier et lève son camp durant la nuit; l' avant-garde, commandée par l'électeur de Brandebourg, déchire ses étendards et se disperse. Le cardinal Julien s'élance au-devant des fuyards et les rallie : « Vos ancêtres païens, dit-il, ont mieux combattu « pour de muettes idoles que vous pour la gloire « du Christ. Soyez des hommes et souvenez-vous « de vos serments. » Ces paroles rendent courage à l'armée; elle s'enfonce dans les défilés de la forêt, et asseoit son camp sur les monts des Géants, aux environs de Tausch : là se montrent Procope et ses Thaborites. A leur aspect, un nouvel effroi saisit les Impériaux; ils fuient sans combattre et se rejettent épouvantés dans les profondeurs des bois et des rochers. On vit alors un spectacle d'horreur dans cette antique forêt (1), si souvent témoin des désastres de la Germanie ; on vit cent mille hommes renversés les uns sur les autres, fuyant pêle-mêle avec huit mille chariots et cent cinquante gros canons devant Procope et ses Hussites exterminateurs. On entendit au loin, toute la nuit, des bruits confus, épouvan-

(1) La Forêt-Noire (Hercynia sylva).

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