‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 253 sur 274 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

vent fut étouffée par une étroite et aveugle dévotion. Il expia sévèrement toutes les infractions qu'il fit à la foi jurée, à la loi gravée dans sa conscience par Dieu même, pour obéir servilement à la voix des prêtres. La première violation de sa parole, en causant la mort de Jean Hus, provoqua une révolte de vingt ans et alluma une guerre effroyable. Pour l'éteindre il épuisa ses finances, aliéna de nombreux domaines, abandonna des provinces entières; il fut contraint d'élever cette maison d'Autriche, que ses ancêtres avaient abaissée, et il usa sa vie dans les travaux guerriers sans connaître jamais ni les joies de la victoire, ni les douceurs du repos. Ses efforts furent impuissants ; il ne dompta la rébellion qu'en jurant de maintenir et de respecter ce qu'il n'avait pu détruire par les armes, et en violant ses nouveaux serments il prépara d'autres disgrâces à sa vieillesse. Son aïeul Henri VII avait porté haut la grandeur de sa maison et de la puissance impériale, en opposant un frein aux prétentions du Saint- Siège; Sigismond, au contraire, subordonnant toutes ses volontés à celles de l'Église, sacrifiant tout intérêt, tout devoir à la destruction des hérétiques, à l'extirpation de l'hérésie, manqua luimême à sa fortune, fit un tort irréparable à sa

réputation, et relâcha tons les liens qui unissaient le vaste corps de l'empire à son chef. Il ne rencontra dans sa vie que traverses et périls, mais il échappa du moins à une mort tragique et prématurée (1).

L'archiduc Albert, qui devint roi de Hongrie et empereur, rencontra beaucoup d'obstacles h Prague, où les Hussites lui opposèrent le jeune Casimir, frère du roi de Pologne Wladislas. Albert n'était pas encore paisiblement établi en Bohême lorsqu'il mourut, laissant enceinte sa veuve Elisabeth, fille de Sigismond. Cette princesse mit au monde un lils, nommé Ladislas, qui devint roi de Bohême; mais il régna de nom seulement, n'ayant vécu que seize ans. Durant ce règne, qui ne fut qu'une orageuse minorité, les Calixlins reprirent l'ascendant, et les véritables maîtres delà

(1) La mort de l'empereur Henri VU fut causée, selon les historiens allemands, par un poison qu'un religieux dominicain, Bernard de Monte-Pulciano, lui administra pendant son souper.Voy. les contemp. Alb. Argent, Voicmar, Joh. Vitoduramus, et surtout Gest. jBaWuwi, dont l'auteur tenait ses renseignements des frères de l'empereur. Deux dominicains avouèrent l'empoisonnement : yEneas Sylvius, qui devint pope sous le nom de Pie II, dit aussi dans son Hist. de Bohême (p. 59), Henricus VU hoslili fraude veneno exiinclus ferlur. Des bruits semblables, quoique moins fonde's.se répandirent touchant la mort des empereurs Frédéric II et Conrad IV. — Pfister, Hist, d'Allem., liv. III.

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