‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 38 sur 274 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

portera point les iniquités du père. II regarde comme scandaleusement simoniaque le formulaire de l'ab. solution que la bulle accorde après l'acte de confession et de contrition. « Le péché, dit-il, ne peut « être pardonné à un voleur s'il ne restitue ; d'où « il suit que la contrition qui n'opère pas la resti- « tution est fausse, et que, pour donner pleine- 0 ment la rémission des péchés, il serait nécessaire « que les confesseurs pussent lire dans l'âme des « pénitents , ce qu'ils ne peuvent faire sans une « révélation. »

Hus montre par un double exemple l'impiété d'une absolution si légèrement donnée à ceux qui contribuent à la croisade. « De deux hommes, dit- « il , l'un a été scélérat pendant toute sa vie ; « mais pourvu qu'il donne de l'argent, il obtient , « au moyen d'une très-légère contrition , rémis- « sion de la peine et du péché ; l'autre est un « homme de bien qui n'a jamais commis que des « péchés véniels, mais s'il ne donne rien il n'aura a point de pardon. Or, selon la bulle, si ces deux « hommes viennent à mourir , le premier , le cri- « minel, ira au ciel en échappant aux peines du « Purgatoire , et le second , l'homme juste , les su- « bira. Si de telles indulgences étaient valables « dans le ciel , il faudrait donc prier Dieu qu'on fit

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« toujours la guerre au pape pour qu'il ouvrît tous « les trésors de l'Église ! »

Telle fut en substance la célèbre réponse de J. Hus aux bulles de Jean XXIIÏ, et elle fit à Prague une prodigieuse sensation. Elle rendit à Plus la faveur du peuple, que la retraite des étudiants allemands lui avait en partie aliénée, mais elle lui attira aussi l'inimitié de la cour. Le roi était en guerre alors avec Ladislas; sa faveur, comme celle de la plupart des princes, était subordonnée aux intérêts de la politique ; il accepta les bulles et relira pour un temps son appui à Jean Hus.

Prague fut alors partagée entre deux partis puissants : tous ceux qui avaient des grâces à attendre du roi ou du pape se déclarèrent pour les bulles, et il faut porter à cette époque la rupture entre Hus et Etienne Paletz, membre influent du clergé. Paletz avait été son disciple et son ami ; mais, aussi ardent pour l'avancement de sa propre fortune que Hus l'était pour le progrès de la vérité, il prêcha en faveur des bulles et des indulgences. L'ambition le condamnait à un éclat contre son ancien maître, et il lui montra autant de haine qu'il lui avait jadis témoigné d'afTection et de respect. Ces disgrâces éclatantes, ces lâches défections indignaient la multitude et lui rendaient son prédica-

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