‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 37 sur 274 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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c< mité et conditionnel ; il suppose le bon usage des « clefs, condition dont saint Pierre lui-même n'é- « tait pas dispensé. Comment donc des prêtres «ignorants, concubinaires, avares, accorderont- « ils, au gré de l'avarice des distributeurs d'indul- « gences, la rémission de la coulpe et de la peine ? « Ce n'est pas, dit saint Augustin, à des ravisseurs « et à des usuriers que Jésus -Christ a donné ce « pouvoir , » et saint Grégoire enseigne que «celui « qui accorde le pardon des péchés selon ses pas- « sions, et non suivant l'état du pénitent, se prive « lui-même du pouvoir de lier et de délier (1).

« Le pape ne peut savoir sans une révélation « particulière s'il est prédestiné au salut ; il ne « peut donc se donner de telles indulgences à lui- « môme; il n'est d'ailleurs pas contraire à la foi de « dire que beaucoup de papes , qui ont accordé « d*amples indulgences, sont damnés. De quelle va^ « leur sont donc leurs indulgences devant Dieu ?

« Aucun saint, dans l'Écriture, n'a donné des in-

0 dulgences, pour l'absolution de la peine et de la

« coulpe, durant un certain nombre d'années et de

« jours ; nos docteurs n'ont osé nommer aucun des

« Pères qui ait institué et publié des indulgences,

« parce qu'ils en ignorent l'origine, et si ces indul-

(l)Gr(«g.,Hom. 2C.

« gences, qu'on dit si salutaires aux hommes, ont « été comme endormies durant mille ans et plus, « la raison en est peut-être que l'avarice en ce « temps-là n'était point, comme aujourd'hui, par- 0 venue à son comble. Il faut distinguer entre une « puissance légitime, réglée sur la loi de Dieu, et « une puissance usurpée et exercée, pour un temps, « par la permission divine : de ce dernier ordre est « celle du démon. « Jean Hus applique cette distinction au pape. « Si le pape , dit-il , use de sa « puissance selon l'ordre de Dieu, on ne peut lui « résister sans résister à Dieu même ; s'il abuse de « son pouvoir en prescrivant ce qui est contraire â « la loi divine, alors c'est un devoir de lui résister « comme à la puissance du cheval pâle de l'Apo- « calypse, du dragon, de la bête et de Léviaihan. « Il vaut mieux souffrir une excommunication in- « juste que recevoir une absolution feinte. Celui-là « sera plutôt absous, qui supportera la malédiction « et l'opprobre jusqu'à la mort pour la cause de «Jésus-Christ, que celui qui persécute les chré- 0 tiens dans une cause comme celle de Jean XXIII « contre Ladislas. » Jean Hus se récrie contre la clause étrange de la bulle qui damne Ladislas jusqu'à la troisième génération, malgré cette expresse déclaration de Dieu (Ezéchiel, XYIII) : Le fils ne

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