‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 49 sur 274 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

procurer à tout le monde une entière liberté. Sigismond , en qualité de défenseur et d'avocat de l'Église, titre que les canons accordaient à l'empéi*eur, convia au concile Grégoire XII, Benoît XIII, le roi de France et les autres souverains. « La ma- « lice des hommes , dit-il dans sa lettre à Char- « les VI, est montée à un tel point que, si l'on n'y « apporte un prompt remède, il est à craindre que, « plus tard, toute guérison ne devienne impossi- « ble. » Jean XXIII, de concert avec l'empereur, convia au concile tous ceux qui avaient quelque autorité dans la chrétienté. Ils projetaient non-seulement de réformer l'Église et d'éteindre le schisme, mais encore d'étouffer l'hérésie naissante. Or il y avait un homme en Bohème^ qui, par le bruit de son nom, par ses écrits, par la hardiesse de sa parole, et surtout par l'éclat importun de ses vertus, représentait à lui seul tous les novateurs de l'Europe : c'était Jean Hus ; il fallait les confondre en sa personne : il fut cité devant le concile.

Jamais, depuis les premiers temps du christianisme, autant d'efforts n'avaient été faits pour une réunion aussi imposante; jamais questions plus graves n'avaient été débattues. Il s'agissait de décider si celui-là serait anathème qui refusait de croire qu'un prêtre impie et simoniaque pût à son gré ou-

vrir ou fermer le ciel j si, dans l mterprétalion des Écritures, les droits de la conscience seraient respectés ou méconnus ; si le clergé donnerait des limites et assurerait un sage emploi aux pouvoirs dont il avait tant abusé ; pour un grand nombre, enfin, il s'agissait de savoir si le catholicisme romain pouvait être réformé , si l'Église qui ne reconnaît point de salut possible hors de son sein pouvait se sauver elle-même (D).

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