‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 57 sur 274 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

et des diacres. « Si les évêques, dit-il, eurent seids, «dans un temps, voix délibérative, c'est qu'ils « avaient cure d'âmes et qu'ils étaient de doctes « et saints personnages élus par l'Église, et non « des prélats titulaires , destitués de toutes les « qualités requises pour décider dans un concile. » Le cardinal affirma que non-seulement les docteurs avaient eu voix dans les conciles de Pise et de Rome, mais encore les princes séculiers, leurs ambassadeurs et procureurs, et que, si l'on se proposait en effet de réformer le clergé , il serait absurde d'exclure les hommes les plus intéressés à ce qu'il le fût (l).

Le cardinal de Saint- Marc plaida ensuite chaleureusement la cause des prêtres, des diacres et des autres ecclésiastiques inférieurs. «Selon saint Paul, « dit-il, l'évêque et le prêtre ont le même carac- « tère, la même dignité, et le pape lui-même n'est « que le premier entre les prêtres. » En ce qui touche les rois , les princes , leurs ambassadeurs et les autres séculiers, ils doivent se borner à opiner sur les chowses qui intéressent le bien général (le l'Église, et laisser aux clercs la décision des choses purement spirituelles.

Ces deux cardinaux, en citant le concile de Pise,

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employaient un argument irrésistible. Jean XXIII, en effet, qui n'était véritablement pape qu'en sa qualité de successeur d'Alexandre V, élu par un concile, avait un intérêt majeur à en faire confirmer toutes les décisions et à reconnaître que tout ce qui s'y était fait avait été fait canoniquement. Il fut donc décidé que les princes séculiers, leurs députés, les docteurs, et un grand nombre d'ecclésiastiques inférieurs, désignés ou acceptés par le concile, auraient voix délibérative.

Ce premier point réglé, le second point, plus important encore, était d'arrêter la manière dont les suffrages seraient recueillis. L'intérêt du pape était qu'ils le fussent par tête, les Italiens lui étant acquis. « La plupart, dit un ancien auteur, étaient « venus pauvres, affamés, et dévoués à Jean XXIII, « dont les faveurs affermissaient les esprits chan- « celants ou soumettaient les volontés rebelles. » 11 créa, dit-on, parmi eux, jusqu'à cinquante camériers en un jour, et leur nombre étant plus grand que celui des prélats des autres nations réunies, il était clair que, si le pape obtenait le suffrage par tête, U deviendrait le maître du concile. Un avis différent prévalut : il fut décidé que les votes seraient pris, non par tète, comme dans le concile précédent, mais par nation. L'assemblée separta-

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