‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 56 sur 274 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

C'était poser le problème dans les mêmes termes qu'avant le concile de Pise, et l'on a vu que tous les efforts pour le résoudre avaient échoué. Le concile de Pise, au lieu d'éteindre le schisme, avait aidé à le perpétuer en procédant au choix d'un nouveau pape avant d'avoir obtenu le désistement des deux autres. Presque toute l'Église et la plus grande partie de l'Europe ayant concouru à l'élection d'Alexandre V, ce pontife et son successeur, Jean XXIII, devaient être reconnus pour papes légitimes. Ce dernier, dès lors, ne pouvait être trajté comme Grégoire XII et Benoît XIII, dont l'élection fut considérée à Pise comme entachée de vice; il s'agissait moins de le dépouiller de sa dignité que d'obtenir qu'il y renonçât. Son ambition temporelle, qui lui avait rendu l'appui de Sigismond nécessaire; sa réputation détestable, qui donnait à tous prise sur lui; enfin sa conscience troublée, qui lui ôtait toule assurance en lui-même, firent plus pour le réduire que n'aurait fait la force.

On a vu comment l'empereur, en cachant au pape sa résolution déjà secrèlemenl arrêtée, était parvenu à arracher son aveu pour la convocation du concile dans une cité impériale; il avait fallu l'y attirer ensuite pour l'obliger à souscrire à ses décrets.

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Le pape était venu dans l'espoir probable de dominer l'assemblée par sa présence (I) et de donner plus d'efficacité à ses intrigues en intriguant sur les lieux mêmes. Une lutte sourde et cachée d'abord, mais mortelle, allait s'engager entre les partisans de Jean XXIII et ceux qui, avec l'empereur, étaient d'avis de sacrifier ce pontife à la paix et à l'union de l'Église. Le concile était le champ clos du combat.

Les points les plus importants à décider, et qui, une fois résolus, résolvaient les autres, étaient de savoir d'abord qui aurait voix délibérative, et, en second lieu, comment les suffrages seraient recueillis. Le pape, ayant beaucoup moins d'influence sur les séculiers que sur les clercs, aurait voulu que les premiers fussent exclus du concile, et demandait que le droit de suffrage fût restreint aux dignitaires de l'Église; sa proposition fut repoussée. Le cardinal de Cambrai ( Pierre d'Ailly ) rappela que l'Église n'avait point été uniforme dans la manière d'assembler les conciles et d*y délibérer : quelquefois ils étaient composés de toute la communauté des chrétiens ; d'autres fois des évéques, des abbés

(1) Placuit siimmo ponlifici ut iret Constantiam, non judicafurus, sedjudicandus. Theod. Vrie, Hist. Concilii Const., lil). VI, dist. IV. — Ap. Von der Hardt, lib. I, p. 153.

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