CHAPITRE ni
en latin et en allemand aux portes de toutes les églises de Constance une énergique protestation contre la violation du sauf-conduit impérial donné à Jean Hus.
Le pape avait nié toute participation à cet acte inique. Il avoua plus tard que Jean Hus, qu'il offrait en holocauste à la fureur de ses propres ennemis, avait été arrêté par son ordre, et il se plaignit que l'empereur, qui se disait protecteur du concile et avocat de l'Église, eût menacé de recourir à la force pour rendre la liberté à un hérétique (1).
Cependant cette lâcheté ne le sauva pas luimême, et si l'heure de la délivrance ne vint pas pour Jean Hus^ du moins l'heure de la vengeance était proche. Le 24 décembre l'empereur Sigismond fit son entrée solennelle dans la ville de Constance, et donna au concile, par sa présence, une grandeur et une majesté nouvelles. Le même jour, le pape célébra pontificalement l'office dans la cathédrale ; l'empereur, qui l'assistait, selon l'usage, en habit de diacre, lut l'Évangile, et lorsque Jean XXIII entendit ce diacre redoutable lire auprès de lui ces mots du saint livre : // vint un édit de Vempei^ur Auguste (t), il pâlit et trembla. Un
(1) Von (Ipr Hardi, t. IV, part. r% p. 20.
trône avait été dressé dans l'église; Sigismond y monta, l'impératrice s'assit à sa droite ; à ses côtés se tinrent l'électeur de Brandebourg et l'électeur de Saxe, portant l'un le sceptre, l'autre le glaive. Après la messe, Jean XXIII présenta une épée à l'empereur, l'exhortant à s'en servir pour la défense du concile, et ce fut sur lui-même que s'appesantit d'abord le bras impérial.
(1) Luc, II, ï.