‹ Les réformateurs avant la Réforme. XVe siècle. Jean Hus et le Concile de ConstanceChapitre 66 sur 274 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

« très : il doit se lever le premier, se coucher le « dernier, observer la bienséance dans son geste « et dans ses paroles, ne rien faire enfin qu'après « mûre délibération. Il aura des heures régulières o pour réciter l'office et entendre la messe : il imi- « tera en cela ses pieux prédécesseurs, dont quel- « ques-uns disaient même leur prière dans le se- « cret le matin et le soir. Ceux qui entreront dans « le palais pontifical auront les mains nettes. C'est « au pape à donner plutôt qu'à recevoir j les an- « ciens pontifes secouraient les prélats indigents, « et même on en a vu qui faisaient porter aux pau- « vres les mets levés de dessus leur table (l). »

Ces premières démarches des adversaires de Jean XXIII furent suivies d'attaques plus décisives ; on résolut d'établir d'une manière formelle la supériorité des conciles généraux sur les souverains pontifes et de contraindre le pape à déposer la tiare. Parmi ceux qui se signalèrent le plus dans cette voie on distingua ce même Guillaume Pilastre qui, neuf années auparavant, s'était montré dans l'assemblée du clergé de France un si ardent champion du pouvoir papal (2). Nommé par Jean XXIII cardinal de Saint-Marc, il fit tous ses efforts pour

(1) VoncUr Hanlt, t. IV, p. 25.

(2) Voyez liitrod. hist. p. 33.

ramener ce pontife à une cession volontaire. « Il est « le vrai pasteur, dit-il, et c'est pour cela qu'il doit « accepter cette voie pour donner la paix à l'Église, « étant même obligé de sacrifier sa vie pour un si «grand bien.» Et, comme Jean XXIII résistait, Pierre d'Ailly alla plus loin que Guillaume Pilastre, et dit que l'Eglise universelle, représentée par un concile général, était en droit d'ôter le pontificat au pape le plus légitime et même le plus homme de bien, s'il n'était pas possible de donner par une autre voie la paix à l'Eglise.

Le pape toutefois ne cédait point, et il est douteux que tant d'efforts eussent vaincu sa résistance si un coup terrible ne l'eût soudain désarmé.

Dans une congrégation secrète, une longue liste d'accusation fut produite contre lui : cette liste, dit son secrétaire, Thierry de Niem (I), renfermait tous les péchés mortels et une multitude d'abominations. Instruit presque aussitôt par ses espions , Jean XXIII, éperdu , assemble secrètement ses cardinaux les plus dévoués ; il leur demande conseil, et en même temps il les comble de faveurs et de promesses, comme s'il eût voulu éloigner la vérité après l'avoir appelée ! Il avoue plu-

(1) Theod.lNiem,rfc Vita Joh. XXiJ/, ap. Von derHardt, t. II, p. 391.

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