CHAPITRE VJ
Jugement et condamnalion de Wyclin'c et de ses œuvres
Le concile, qui s'attaquait ainsi au pontife suprême, au vicaire de Jésus-Christ, frémissait d'indignation à la seule pensée que Jean IIus, un simple prêtre, osât marquer des limites à sa puissance ; il savait d'ailleurs que son autorité était compromise aux yeux d'un grand nombre par les actes mêmes qui la signalaient davantage ; il sentait que tous les ennemis de la puissance ecclésiaslique allaient tirer contre lui-môme avantage de la sentence qu'il était prêt à rendre contre le pape. 11 eut donc bâte de raffermir, par un grand exemple, la foi des peuples en cette autorité qu'avait méconnue Jean
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Hus, et il se montra, en celte occasion, d'autant plus impitoyable qu'en détendant linfaillibilité de l'Église c'était la sienne môme qu'il allait venger.
Toutefois, avant de frapper, dans la personne de Jean Hus, des doctrines subversives de la double puissance des prêtres, il s'agissait de les flétrir à la source où elles avaient été puisées. Le concile se souvint qu'à la fin du dernier siècle le monde avait vu un célèbre hérésiarque impuni; il se rappela que Wycliffe était mort en paix dans le pays même oîi ses doctrines avaient été condamnées : ses restes reposaient dans une terre consacrée, ses écrits circulaient dans toute l'Europe: le concile, en le citant devant lui , s'en prit ù son génie et à son cadavre.
Quarante-cinq propositions attribuées à Wycliffe, et déjà condamnées en Angleterre, lavaient été de nouveau à Rome, en 1412, dans un concile convoqué par Jean XXIII. Ces mêmes articles furent reproduits à Constance et formèrent le fond principal de l'accusation. Cette grande cause fut portée devant le concile et jugée, mais non débattue, dans la huitième session.
L'assemblée fut aussi solennelle qu'aucune des précédentes; l'empereur était présent, le cardinal de Viviers présidait, et le patriarche d'Anlioche