Les regicides etude historique
Il n’y a que chez les anthropophages où l'homicide n’est pas un crime couvrant d’opprobre celui qui s’en rend coupable et appelant le châtiment.
Caïn versa le premier le sang humain, c’est pourquoi sa race fut maudite.
La morale de toute nation civilisée repousse avec horreur de la société celui qui a tué son semblable; elle le désigne avec indignation et
mépris sous le nom d assassin, et la loi, partout la même, lève son bras vengeur pour le frapper.
Cependant, il est, chez ces mêmes nations civilisées, des hommes qui osent faire froidement l’apologie du régicide , qui regardent la mort d’un souverain comme un acte louable , et qui , au besoin, rempliraient l’oflice de bourreau ou d’assassin !
Et quand ce lâche courage leur manque , ces fanatiques de la politique la plus détestable , qui disent que le meurtre d’un monarque n’est pas un crime, mais un moyen, salarient des bravi pour l’attentat, ou encore fanatisent des misérables, les saturent de criminelles théories, étouffant tous les sentiments religieux et tous les sentiments humains de leur âme.
Pour ces hommes transformés en bêtes féroces, le roi ou l’empereur n’est qu’un principe, un obstacle qu’il est permis d’écarter ; un fait matériel qu’on peut briser par le glaive, par le poignard, par le fer et par le plomb.
On ne trouve pas d’expression assez forte pour flétrir cette politique d’égorgeurs, que rien au monde ne peut justifier et que tout condamne : religion, morale, loi, raisonnement.
Les régicides sont, Dieu merci ! des exceptions en politique, comme en fait, sont les meurtriers, comme, au point de vue religieux, sont les athées.
L’humanité ne compte pas avec ces monstres qui échouent le plus souvent dans l’exécution de leurs forfaits et qui, réussissant dans leur immo-
lation sacrilège, n’atteignent jamais le but politique rêvé par eux et par leurs complices.
Cependant, il nous a paru que l’histoire de ces misérables et de leurs attentats pourrait être une étude intéressante, utile même ; et imposant silence aux indignations et aux attendrissements de notre cœur, nous avons pris la plume.