‹ Les regicides etude historiqueChapitre 13 sur 22 · PIERRE III · texte numérisé non relu

PIERRE III

Pierre III naquit en 1 728, et épousa plus tard la célèbre Catherine d’Anhalt-Zerbst. Le règne de ec monarque est remarquable par l’institution de plusieurs établissements utiles.

A peine sur le trône, Pierre III fit preuve d’une bonté et d’une grandeur d’âme extraordinaires, il pardonna à ceux qui l’avaient offensé, et nonseulement il oublia les injures de ses ennemis, mais encore il combla ces derniers de faveurs.

Généreux outre mesure, malgré sa rude écorce, ce magnanime souverain rappela de l’exil, du

fond de la Sibérie, le vieux maréchal Munich qui y subissait le juste châtiment de ses trahisons, et lui donna une charge à la cour.

En mésintelligence avec l’impératrice Catherine, dont, du reste, la conduite n’était pas irréprochable, il eut peut-être le tort d’afficher un peu trop publiquement scs amours avec la princesse Woronsof.

La tzarine en conçut un violent ressentiment et trempa dans plusieurs complots contre l’empereur; elle appuya particulièrement de tout son pouvoir le conspirateur Panin, et déclara guerre ouverte à son mari et souverain.

Elle excite la troupe à la révolte; Pierre est obligé de fuir, il gagne la mer et fait voile vers Cronstadt.

Mais Catherine le devance, l’amiral Galitzin pénètre à Cronstadt, harangue les soldats, fait sonner toutes les cloches, et place lui-même deux cents pièces de canon sur les quais. *

A l’approche du yacht impérial, il menace de

faire feu sur son souverain s’il ne s’éloigne à l’instant même de la côte.

Le malheureux monarque est stupéfait de tant de lâcheté, il tente de se faire reconnaître, et veut s’élancer sur le quai, mais c’est en vain; les baïonnettes lui barrent le passage, et il est forcé de reprendre le large.

Désespéré par cette horrible trahison, Pierre 111, cédant aux conseils de sa favorite, résolut d’écrire à Catherine pour lui offrir de rester par la suite étranger aux intérêts du trône :

« Ne le faites pas, notre père,* s’écriaient ses malheureux et dévoués serviteurs en tombant à ses genoux, ne le faites pas, elle vous ferait mourir. »

Cette lettre fut écrite cependant, adressée à l’impératrice, qui, sans daigner y répondre, se contenta d’envoyer à l’empereur une abdication en bonne forme que le malheureux monarque dut signer.

Comme il rentrait en vaincu pour se rendre à

la merci de Catherine, ses suidais, qu'il avait comblés de ses bienfaits, se précipitèrent sur lui, le dépouillèrent de scs vêtements, et, lâchement, dix mille contre un, au milieu des sarcasmes les plus grossiers, les plus ignobles, le jetèrent dans les salles basses du palais.

Là ne s’arrêta pas leur fureur impitoyable, ils brutalisèrent comme des forcenés qu’ils étaient la princesse Woronzof qui l’accompagnait, et en firent un objet de risée.

Quelques jours après, Catherine, celte épouse éhontée, cette femme au cœur de tigre, cette Messalinc couronnée, faisait étrangler son royal époux dans son cachot.

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